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«Minari»: devenir Américain

Avec «Minari», Lee Isaac Chung revisite son passé de fils d’immigrants sud-coréens en Arkansas.

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Gagnant du prix du jury et de celui du public lors du Festival de Sundance de 2020, en plus d'être nommé aux Golden Globes dans la catégorie du meilleur film étranger, «Minari» est une œuvre personnelle pour le réalisateur Lee Isaac Chung, connu pour son «Munyurangabo» (2007), premier long métrage tourné en kinyarwanda, la langue officielle du Rwanda.

«Minari», dont le titre évoque un légume utilisé en cuisine coréenne, suit Jacob (Steven Yeun, parfait) et Monica (Yeri Han) Yi, ainsi que leurs deux enfants Anne (Noel Kate Cho) et David (Alan Kim, adorable) dans les années 1980. Jacob quitte la Californie pour s’établir en Arkansas, près des de la chaîne des Ozarks afin de devenir fermier, son rêve étant de faire pousser des légumes pour la communauté coréenne grandissante. Mais rapidement, Monica s’ennuie sur cette terre au milieu de nulle part. Son époux a alors l’idée de faire venir sa mère, Soonja (Yuh-Jung Youn).

Foncièrement optimiste, le long métrage de 115 minutes examine les relations entre David et cette grand-mère qui ne ressemble nullement à celle de ses amis américains.

Lee Isaac Chung, qui a admis avoir incorporé bon nombre de ses souvenirs d’enfance à «Minari» se penche aussi, mais sans misérabilisme, sur les difficultés de la vie d’immigrant ainsi que sur la poursuite du rêve américain. Mais le sujet principal de l’œuvre demeure l’examen des liens familiaux, qu’il s’agisse de ceux (en mauvais état) unissant le couple de parents, ceux existant entre la grand-mère et le reste de la famille ou ceux liant les enfants à leurs parents (le regard que porte ce duo frère-sœur est nimbé de la naïveté de la jeunesse).

Si l’on peut reprocher à Lee Isaac Chung un portrait de la société américaine parfois trop complaisant, on ne peut nier l’espoir qui s’en dégage. «Feel-good movie» par excellence, ce «Minari» ensoleillé aux couleurs chaudes réchauffe efficacement à défaut de durablement.

Note: 3,5 sur 5

«Minari» est disponible en primeur en vidéo sur demande via les plateformes numériques.

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