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Prête à vacciner, sa candidature rejetée en raison de son poids

Une ambulancière qui s’est portée volontaire pour la campagne de vaccination de la COVID-19 a vu sa candidature être rejetée en raison de son obésité. 

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Christine Paquin, de Saint-Jean-sur-Richelieu en Montérégie, a d’abord été surprise de devoir répondre à une question sur son Indice de masse corporelle (IMC) sur le formulaire d’embauche.

Selon les critères, l’IMC doit être inférieur à 40.

Quelques jours après avoir rempli le formulaire, elle a appris que sa candidature était rejetée.

«Que ce soit un refus automatique, sans même qu'ils m'aient vue, sans même qu'ils sachent mon état de santé pour d'autres raisons, sans qu'ils approfondissent la question, là, ça m'a vraiment choquée», a confié Mme Paquin.

Lorsqu’elle s’est informée sur la raison du rejet de sa candidature, on lui aurait confirmé que c’était en raison de son IMC.

«Quand j’ai demandé pourquoi, et si c’était réellement l’IMC, elle m’a confirmé que oui, aux ressources humaines», a relaté Christine Paquin.

Pourtant, l’ambulancière a déjà été vaccinée contre la COVID-19 et les risques d’exposition au virus sont encore plus grands dans le cadre de son travail qu’en vaccinant.

«C’est le même INSPQ (l’Institut national de santé publique du Québec) qui vérifie qu’on est apte au travail et je ne les ai vus retirer personne en surpoids ou avec des antécédents de maladie dans le réseau de la santé», s’est indignée l’ambulancière.

«Et à ce jour, je suis déjà plus en contact avec la COVID que je le serais avec la vaccination. Donc c’est là que j’ai vu qu’il y avait une incohérence vraiment très grande», a-t-elle poursuivi.

Ce refus soulève également plusieurs questions puisque le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué plus tôt cette semaine que le gouvernement était à la recherche de 1000 vaccinateurs au Québec.

«Un emploi, j'en ai déjà un. Moi, je veux donner un coup de pouce, puis ils disent qu'il manque de personnel. C'est là que je trouve que c'est totalement incohérent. C'est de la discrimination systématique, en fait», a dénoncé Christine Paquin.

Pas la seule    

En décembre dernier, TVA Nouvelles rapportait aussi l’histoire de Marie-Christine Lanoue, une diplômée en soins infirmiers de Sherbrooke qui s’est vue refuser un emploi pour les mêmes raisons.

«L'IMC n'égale pas la condition de santé d'une personne. C'est des facteurs de risques qui peuvent augmenter, mais ça ne fait pas de moi une personne qui n'est pas capable de se mobiliser», a soutenu Mme Lanoue.

Elle constate que les choses n’ont pas changé depuis décembre.

«J'ai entendu dire que le ministre Dubé trouvait que c'était une situation qui était inacceptable et qu'il avait remédié à la situation, ce que je n'ai pas ressenti du tout», a-t-elle souligné.

Christine Paquin a donc l’intention de continuer à se battre pour les futures candidates.

«Quand j'ai discuté avec d'autres gens à qui c'était arrivé dans le réseau, c'est là que je me suis dit: non, on ne peut pas laisser ça comme ça», a-t-elle dit.

L’histoire se termine cependant bien pour Christine Paquin puisque, coïncidence ou pas, elle a finalement été embauchée moins de 24 heures après un appel de TVA Nouvelles. Elle pourra donc vacciner la population contre la COVID-19.

L’INSPQ n’était pas disponible pour commenter cette affaire.

- d’après les informations de Chu-Anh Pham