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Un nouveau complexe laid... et digne du futur

Complexe d'hospitalisation rapide

Photo Pierre-Paul Poulin

Érigée en cinq mois dans le stationnement de l’hôpital de Saint-Jérôme, une nouvelle annexe de 57 lits accueillera ses premiers patients du département de chirurgie demain. Selon les dirigeants du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, cette nouvelle construction de 25 000 pieds carrés, qui a coûté 28 M$, aidera à minimiser le délestage en cette période de pandémie de COVID-19. Concept unique avec son jumeau de l’hôpital de Saint-Eustache, le complexe fabriqué de toile frappe visuellement quand on circule à proximité de l’établissement de santé vétuste qui a vu le jour tout juste après la Deuxième Guerre mondiale. Aménagée de façon temporaire, mais faite pour durer au moins 25 ans, la nouvelle annexe devrait pouvoir être utilisée jusqu’à la réalisation du mégaprojet d’agrandissement et de rénovation de cet hôpital régional, qui n’est pas prévue avant 2030.

Ne vous fiez pas aux apparences  

Complexe d'hospitalisation rapide

Photo Pierre-Paul Poulin

Malgré son allure extérieure d’aréna temporaire installé dans un stationnement, cette nouvelle annexe n’a rien d’un hôpital de fortune. Structure d’acier et toile garanties respectivement 50 et 25 ans, dalle de béton surélevée pour passer les tuyaux et l’électricité sous le plancher, mur de gypse et climatisation ; cette aile a de quoi faire pâlir de jalousie plusieurs hôpitaux.  

« Tout a été fait selon les plus récentes normes pour la construction d’hôpitaux, indique Patrick Bureau, directeur des services techniques du CISSS des Laurentides. Nous avons construit le tout en collaboration avec les gens de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), parce que des normes de construction pour ce type de structure, ça n’existait pas. »

Oubliez les corridors embourbés  

Complexe d'hospitalisation rapide

Photo Pierre-Paul Poulin

Les habitués des hôpitaux le savent ; rares sont les corridors libres de chariots et d’appareils de toutes sortes. Afin d’éviter de se buter contre du matériel et de garder les corridors le plus libres possible, les équipes de soins consultées ont suggéré et obtenu l’aménagement d’alcôves, comme celle sur la photo de droite, afin que l’équipement puisse s’encastrer dans les murs. 

Des chambres individuelles  

Complexe d'hospitalisation rapide

Photo Pierre-Paul Poulin

Le nouveau complexe compte 57 chambres individuelles. Seize d’entre elles ont même leur propre toilette. Toutes sont munies d’un lavabo et de trois murs fixes de gypse complétés par un rideau qui fait office de porte. L’équipement qu’on y trouve, comme le branchement pour l’oxygène, est le même que dans une chambre d’hôpital conventionnelle. 

La ventilation se fait par le plancher, donc l’air, et par le fait même les aérosols, est attiré vers le sol, minimisant les risques de propagation de virus puisque les chambres n’ont pas de plafond individuel. 

« En temps normal, sans la COVID-19, on manque déjà de lits. Cette unité va nous permettre à terme de libérer 44 lits pour l’hospitalisation », affirme Sylvain Pomerleau, du CISSS des Laurentides. 

L’hôpital de Saint-Jérôme, fondé en 1948, ne compte pas de chambres individuelles, ce qui a causé un casse-tête en début de pandémie.

Vos mains sont-elles propres?  

Complexe d'hospitalisation rapide

Photo Pierre-Paul Poulin

Avoir les mains propres était déjà important avant la pandémie. Désormais, c’est primordial. Impensables à ajouter dans les corridors d’hôpitaux déjà construits, des stations de lavage de mains ont été aménagées à toutes les quatre chambres et encastrées dans les murs des corridors.

De l’espace pour le personnel  

Complexe d'hospitalisation rapide

Photo Pierre-Paul Poulin

Au cœur du nouveau complexe se trouvent cinq postes d’infirmières suffisamment grands pour accueillir plusieurs spécialistes ponctuels, comme des physiothérapeutes et des médecins. Une dizaine d’ordinateurs par poste permettront à tout le monde de travailler sur ses dossiers sans se marcher sur les pieds. 

De plus, les soignants qui travailleront dans ce complexe bénéficieront de leur propre vestiaire et pourront prendre leur pause dans une salle de repos qui leur est réservée sans avoir à retourner dans le bâtiment principal.