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Une école inondée à cause d’une fenêtre laissée ouverte

GEN - ÉCOLE DE LA VOLIÈRE DEVANTURE

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

Une fenêtre laissée ouverte pour aérer la classe d'une école des Laurentides, en vertu d’une directive de Québec pour lutter contre la COVID-19, a causé une importante inondation et forcé la relocalisation des élèves.

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C’est l’oubli d’un professeur distrait qui aurait causé la rupture de tuyaux de canalisation et provoqué d’importants dégâts à l’école de la Volière de Saint-Colomban, non loin de Saint-Jérôme, le 18 janvier dernier, selon le président du Syndicat de l'enseignement de la Rivière-du-Nord, Christian Aubin.

Pour éviter la propagation de la COVID-19 par aérosols, Québec recommande, malgré le froid, de laisser entrer périodiquement l’air extérieur dans les classes mal ventilées.

«Effectivement, suite aux suggestions du ministre qu’il fallait aérer, les gens ouvraient les fenêtres et malheureusement, on appelle ça un accident. Il y a une fenêtre dans une classe qui n’a pas été fermée et dans la nuit ça a gelé et les tuyaux ont éclaté», confirme-t-il.

Le fautif serait « dévasté », témoigne Christian Aubin, mais n’aurait pas subi de sanctions disciplinaires.

« On n’ouvre pas souvent les fenêtres [...], rappelle-t-il. Et à ce moment, il ne faisait pas vraiment froid dans le jour, donc la personne ne s'en rend pas compte quand elle quitte. [...] On appelle vraiment ça un accident bête, qui a des dommages assez importants.»

Pour couronner le tout, cet incident fait suite à un autre, quasi similaire, survenu dans la seconde aile de l’école, deux semaines plus tôt, à la veille du retour en classe des élèves après le congé des fêtes.

Dans ce cas, la fenêtre aurait été laissée ouverte pour aérer à la suite de récents travaux de peinture, avec le même triste résultat : des canalisations endommagées et des classes inondées.

Résultat: un casse-tête pour le Centre de services, qui a dû relocaliser 22 groupes dans six écoles différentes. Deux autres peuvent continuer de fréquenter l’école de la Volière, dans les locaux épargnés par les dégâts.

Dégâts importants 

La conseillère en communication au Centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord, Nadyne Brochu, affirme que le lien avec la directive ministérielle ne peut être établi hors de tout doute.

«On peut le supposer, mais je ne peux pas dire que c’est sûr. Ça peut arriver de temps en temps que les enseignants, un peu partout, ouvrent des fenêtres même en hiver», souligne-t-elle.

Les incidents sont survenus au deuxième étage à chaque fois, si bien que l’eau a ruisselé au niveau inférieur.

«L’école compte 24 classes. Il y a 22 classes qui ont été touchées», explique Nadyne Brochu.

« Au deuxième étage, les dégâts touchent surtout les bas de murs, le matériel, les planchers, les meubles et le matériel pédagogique, détaille Mme Brochu. Au niveau inférieur, les dégâts sont plus importants parce qu’il y a eu de l’infiltration dans les murs, les plafonds. À certains endroits, ça a touché la structure du bâtiment, en plus du plancher, des meubles et du matériel pédagogique.»

Le centre scolaire n’a pas encore chiffré les dégâts.

«On parle de rénovations majeures», note Mme Brochu.

Le père de deux élèves qui fréquentent l’établissement s’inquiète toutefois du temps que pourraient prendre ces rénovations.

Parent inquiet 

Chaque jour, celui-ci doit reconduire ses fils à l’école d’où ils empruntent une navette pour se rendre dans leurs nouveaux lieux d’enseignement temporaires. En comptant l’attente, dehors au froid, ses enfants doivent subir 1h15 de transports scolaires avant de commencer leurs cours.

«Je passe par là chaque matin, mais il n’y a jamais de camions de construction ou de traces de rénovations en cours, dit-il. Même qu’on en est à se demander, avec ma conjointe: coudonc, est-ce que ça va être prêt pour septembre?»