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Des organismes communautaires se disent ignorés par Québec

Un regroupement de plus de 200 organismes communautaires qui œuvrent dans le domaine de la réussite scolaire dénonce l’indifférence du ministre de l’Éducation à leur égard en matière de tutorat. 

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Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé en janvier qu’il mettait en place un programme de tutorat pour aider les élèves en difficulté. 

Ces organismes ont alors manifesté leur intérêt à participer à ce programme, mais ont été tassés du revers de la main, selon leurs dires. 

Plutôt que de profiter des services déjà offerts par ces organismes, le ministère de l’Éducation a plutôt misé sur la plateforme «Répondez présent» dans laquelle une banque de tuteurs a été constituée. 

Les organismes communautaires ne comprennent pas cette décision, se sentent offusqués de ne pas pouvoir prêter main-forte et estiment que leur expertise n’est pas reconnue. 

«On continue notre travail même s’il y a comme une structure qui vient de se mettre en place en parallèle. C’est très décevant et on pense que ça démontre une méconnaissance du travail qu’on fait. Alors c’est pour ça qu’on demande une rencontre, on veut vraiment parler avec le ministre», explique Margot Legaults, directrice générale de l’organisme Literacy Quebec.

Le ministère de l’Éducation soutient que son programme n’empêche pas les organismes à continuer d’offrir leurs services. 

«Le programme de tutorat est dans une première phase qui se concentre sur ses organes principaux; les centres de services scolaires. Rien n’empêche les organismes communautaires de continuer d’offrir leurs services de tutorat et de continuer de travailler avec les élèves», répond-il par écrit. 

Un fonds d’urgence 

Le regroupement d’organismes demande également au ministre de l’Éducation la création d’un fonds d’urgence. 

Il souligne qu’avant la pandémie, les organismes du milieu de la réussite scolaire avaient un manque à gagner de près de 15 millions de dollars. 

Avec la pandémie, ces organismes ont dû annuler leurs campagnes de financement, en plus de devoir acheter du matériel informatique et, pour certains, d’agrandir les locaux. 

Le regroupement estime qu’il y a présentement un manque à gagner de 35 000$ par organisme. 

Sans aide du gouvernement, plusieurs d’entre eux devront cesser d’offrir leurs services. 

- d’après les informations de Karianne Bourassa