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Des profs forcés de remplacer au service de garde de leur école

La pénurie de personnel dans les services de garde est si importante dans certaines écoles de la Rive-Sud de Québec que des enseignants sont forcés de remplacer des éducateurs le midi ou après les classes, privant des élèves de services supplémentaires.

La situation est problématique dans certaines écoles du Centre de services des Navigateurs depuis la rentrée, mais le ras-le-bol des profs s’accentue parce que rien ne permet de croire à une possible amélioration, affirme le Syndicat de l’enseignement des Deux-Rives (SEDR), qui qualifie la situation «d’intolérable».

Dans certains établissements, des enseignants ont été forcés de remplacer du personnel de service de garde en dehors des heures de classe une, deux, voire trois fois au cours de la même semaine selon les périodes.

«On devient vraiment fatigué, ça s’ajoute à tout le reste», affirme une enseignante qui a réclamé l’anonymat par crainte de représailles.

Perte de services 

Dans son école, des collègues n’ont pu offrir des périodes de récupération le midi à leurs élèves à cause de ces remplacements forcés. 

«Ça fait perdre beaucoup de services aux élèves», déplore-t-elle.

Le syndicat affirme de son côté avoir accepté cette pratique en début d’année parce qu’elle devait être «temporaire». 

«On a proposé des solutions mais rien n’a été mis en place», mentionne son président, Martin Hogue.  

Plus de 300 heures 

Selon le syndicat, au moins 300 heures de remplacement ont été effectuées depuis le début de l’année dans certaines écoles des Navigateurs. 

Le problème n’est toutefois pas répandu dans l’ensemble des établissements.

Il n’a pas été possible vendredi d’obtenir de commentaires à ce sujet de la part du centre de services scolaire.

L’état d’urgence sanitaire décrété depuis le début de la pandémie et les arrêtés ministériels qui en découlent permettent à des gestionnaires de déplacer du personnel pour les assigner à faire des tâches qui ne sont pas prévues dans leur convention collective.

Le syndicat déplore que les profs soient forcés de faire de tels remplacements qui ne sont pas directement liés à la pandémie, puisque la pénurie dans les services de garde était bien réelle avant l’apparition de la COVID-19, comme l’affirme le vice-président du SEDR, Éric Couture.

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