/news/world

L'Allemagne restreint les passages à la frontière française

L'Allemagne va restreindre les passages à sa frontière en provenance de France après avoir classé le département de Moselle en zone COVID à haut risque, mais renonce à la quasi-fermeture imposée à la République tchèque et l'Autriche.

• À lire aussi: Oslo reprend des mesures de semi-confinement face au variant anglais

• À lire aussi: La pandémie rebondit en raison du variant anglais

• À lire aussi: La France en sursis, dans l'attente des décisions du gouvernement

«Le département français de Moselle sera considéré à partir du 2 mars à 00H00 comme zone affectée par les variants» du virus de la COVID-19, soit la catégorie la plus élevée dans l'échelle de risque en Allemagne pour le coronavirus, qui en compte trois, a indiqué dimanche le ministère de la Santé.

En conséquence, à partir de cette date les personnes entrant sur le territoire allemand «devront présenter un test PCR ou antigène» négatif, a-t-il ajouté.

Un test datant de 48 heures maximum sera exigé sans aucune exception ainsi qu'une déclaration électronique pour entrer sur le territoire allemand, ont précisé quelques heures plus tard les représentants locaux de l'État français dans un communiqué. Les transports collectifs transfrontaliers seront également «interrompus».

«Je regrette cette décision allemande parce qu'elle implique un certain nombre de ralentissements, de difficultés aux frontières pour non pas des mouvements touristiques, mais de travail», a commenté sur la radio publique France Inter le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune.

Une chose est pourtant acquise: l'Allemagne n'a pas l'intention d'introduire à sa frontière avec la Moselle des contrôles de douane permanents, contrairement à ce qu'elle avait fait au printemps 2020 au début de la pandémie à la frontière française, ce qui avait créé des tensions avec Paris et entre les populations locales.

Contrairement aussi à ce que Berlin a déjà mis en place en février avec la République tchèque et le Tyrol autrichien.

«La frontière ne sera pas fermée», a indiqué dimanche à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur, notamment car les régions allemandes limitrophes de la Moselle, La Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ne l'ont pas demandé, mais aussi parce que les autorités régionales de part et d'autre de la frontière «coopèrent étroitement» sur cette question.

Les contrôles policiers doivent être aléatoires et à l'intérieur du territoire allemand dans la zone frontalière, a-t-il précisé.

La France va donc bénéficier d'une forme de traitement de faveur, car le passage d'une région en catégorie zones de variants implique normalement une quasi-fermeture des frontières.

«Cela on n'en veut pas» pour les 16.000 travailleurs frontaliers de Moselle, a martelé Clément Beaune dimanche.

Les contrôles mis en place par l'Allemagne avec la République tchèque et la région autrichienne du Tyrol l'ont été pour les mêmes raisons que la Moselle: la crainte d'une nouvelle vague de contamination à la COVID-19 liée aux variants Britanniques ou Sud-Africain du virus, ce qui a suscité des critiques en Autriche notamment, mais aussi de la part de l'Union européenne.

La Commission européenne s'est ainsi émue de voir la libre circulation à l'intérieur de l'UE remise en cause et tente depuis de promouvoir une approche commune entre pays.

À la frontière avec la Moselle, «il faut donner l'exemple et revenir à un dispositif plus allégé», a plaidé Clément Beaune, en arguant d'un «esprit franco-allemand coopératif» pour «éviter de revenir à ce qu'on a vécu douloureusement» au début de la pandémie.

Ce traitement privilégié a pourtant déjà suscité des commentaires amers du chancelier autrichien Sebastian Kurz.

«Il y a en Allemagne, en fonction des directions géographiques, des différences de rigueur en matière de règles à la frontière», a-t-il ainsi regretté ce week-end dans une interview au quotidien allemand Merkur.

«Il est tout à fait approprié en période de pandémie de tendre un filet de sécurité avec des tests, des masques, etc. Mais ce n'est à mon avis pas le cas pour des mesures qui mettent en danger le marché intérieur (européen), qui impliquent que les gens ne puissent se rendre sur leur lieu de travail ou que des familles soient séparées», a-t-il dit.