/news/tele

Soir de légendes à «Star Académie»

Un p’tit Simard toujours plus grand, au sommet de sa forme, et un Claude Dubois digne et altier : c’était soir de légendaires monuments québécois à «Star Académie», dimanche.

«Le blues du businessman», qui a ouvert la soirée dans la bouche des Académiciens, collait bien à ce troisième variété, où il faisait bon renouer avec des géants qui nous ont cruellement manqué au cours de cette dernière année confinée.

À commencer par un René Simard d’une éclatante bonne humeur, qui avait traîné son rire communicatif. C’était soir d’anniversaire de 60 ans pour l’enfant chéri de la province, qui célèbre aussi 50 ans de carrière.

Après avoir esquissé pour la millième fois les pas et mimiques du vidéoclip de «Tourne la page», René a été la vedette d’un pot-pourri sans trop d’artifices, tissé autour de sa passion pour la comédie musicale («Chantons sous la pluie», «Le Fantôme de l’Opéra» et... «Supercalifragilisticexpialidocious», difficile exercice de diction pour les Académiciens!)

Joël Lemay / Agence QMI

En vidéo, Dominique Michel avait enregistré un petit mot pour souhaiter un joyeux anniversaire à son ami René Simard.

Dubois, un roc      

Mais d’abord, le regard ému, Gregory Charles a d’entrée de jeu admiré ses élèves se partager les paroles de «Besoin pour vivre», «Bébé jajou la toune», «Pas question d’aventure», «Infidèle» et autres «Artistes» de Claude Dubois, et jouer les choristes en entourant au loin le roc de 73 ans.

Ce dernier, seul dans son espace au milieu de la scène principale, droit comme un chêne, poussait ses «hits» sans effort, la puissance et l’intensité toujours intactes. Chanter semble encore tellement naturel et facile pour Claude Dubois.

«Je pense que nos jeunesses viennent de vivre tout un moment», a sifflé Patrice Michaud à la fin du numéro, que Lara Fabian avait introduit en mentionnant que Claude Dubois est à la chanson francophone ce que l’Anticosti est au Québec, pour illustrer la grandeur de ses 61 ans de carrière.

Plus d’assurance      

Au tournant de 20 h, les chouchous des palmarès, 2Frères, ont investi un joli décor de forêt et feu de camp pour dégainer leurs paroles que le Québec connait désormais par cœur. On a aussi souligné le Mois de l’histoire des Noirs avec un survolté segment à saveur Motown (où les candidats Dashny et Shayan ont brillé comme des maîtres), et une future légende, le jeune chanteur canadien Johnny Orlando, a insufflé un vent de nouveauté à cette soirée de valeurs sûres.

Chez les Académiciens, on prend peu plus de tonus chaque semaine. Les sourires s’élargissent, les mouvements de la chorégraphie de «Maintenant et partout» se précisent, les fausses notes et la nervosité s’estompent graduellement. Il faisait bon, dimanche, voir le timide Jacob Roberge sortir de sa coquille, sur les premières mesures du «Blues du Businessman» ou au refrain de «Nous autres». Lunou Zucchini a également gagné en assurance.

Du côté de l’Escouade Star Académie, Mathieu Dufour et Pierre-Yves Roy-Desmarais ont repoussé la folie d’un cran, en cuisinant une recette familiale de Rosalie Ayotte avec la drag queen Rita Baga, et en feignant d’être Zara Sargsyan une journée entière, chez elle, avec ses parents et sa meilleure amie... Délicieux!

Charles serein      

Quant au délogé de la semaine, Charles Kamoun, il repart chez lui la tête haute, nullement amer. S’il avait été le choix du public, il serait resté dans l’aventure. En revanche, même s’il avait été le choix des professeurs - ce ne fut pas le cas -, il aurait cédé sa place à la déterminée Rosalie. Il l’a même spécifié à cette dernière pendant que les professeurs effectuaient leur choix.

«Je suis très serein, a confié le garçon de Québec en entrevue après l’émission. J’ai déjà des textes et des compositions. L’Académie a été la plus belle expérience de ma vie, mais j’ai appris ce que j’avais à y apprendre. Oui, j’ai certainement autre chose à apprendre, mais je suis très fier de ma performance, et j’ai travaillé avec la meilleure équipe. Je sais que, pour le public, avec une personnalité comme la mienne, on aime ou on n’aime pas, mais ce n’est qu’un début pour moi.»

Joël Lemay / Agence QMI

Le jeune homme de 27 ans a déjà un extrait musical à présenter au public dans sa manche, et sa conjointe endossera le rôle de sa gérante. Et Charles était sérieux en affirmant à la télévision qu’il veut fonder une famille rapidement.

«On se marie cet été, et on va essayer de faire un bébé dès ce soir!», a-t-il lancé, la mine réjouie.

Les trois chansons interprétées par les candidats en danger sont disponibles sur QUB musique et sur toutes les plateformes d’écoute en continu et de téléchargement.

Les prestations des candidats      

Zara Sargsyan (Choix du public)

La douce Zara, si forte et mature pour ses 16 ans, n’aurait pu choisir meilleure pièce pour se faire valoir que «J’ai douze ans», de Diane Dufresne, qui lui allait comme un gant et qui demeure tellement d’actualité plus de 40 ans après son écriture. Sa collègue Meghan Oak en essuyait une larme au terme de sa prestation. Personne n’a sans doute été étonné de la voir «sauvée» par le public. «Tu as eu tous les courages cette semaine. Tu as traversé toutes les pudeurs», a souligné Lara Fabian à la «petite grande» Zara. «Merci de nous avoir laissés entrer dans ton cœur». La directrice avait particulièrement pris la plus jeune de l’Académie sous son aile cette semaine, Zara ayant traversé un petit cafard dû à son éloignement du foyer familial.

Rosalie Ayotte (Choix des professeurs)

On a senti Rosalie fragile dans son interprétation de «Alone», de Heart, un choix pourtant judicieux compte tenu de son coffre vocal. La candidate n’a pu éviter quelques fausses notes, et on aurait aimé entendre plus d’envolées de sa part aux moments cruciaux de la chanson. Le vote des professeurs a été difficile à trancher entre Charles Kamoun et elle, a admis Gregory Charles, mais Rosalie, qui tenait tellement à poursuivre l’aventure, a été l’heureuse élue. Ariane Moffatt avait précédemment eu plusieurs bons mots à l’endroit de la jeune femme de Saint-Tite. «Rosalie, tu es une femme libre, et on n’en voit pas tous les jours. Tu es capable de te mettre dans la peau d’une "toune" (...) Tu t’es complètement ouverte, tu t’es complètement donnée, tu fais partie des gens qui chantent pour les bonnes raisons», a dit l’enseignante de création musicale.

Charles Kamoun (Délogé)

Authentique, Charles Kamoun l’est resté jusqu’à la fin, en révélant que même s’il n’avait pas été exclu par les profs, il serait parti de son propre gré et aurait cédé son siège à Rosalie. «J’ai une famille à fonder, ma femme me manque énormément!», a déclaré l’attachant Charles. Ce dernier avait pourtant offert sa meilleure prestation en trois semaines à «Star Académie» sur «Casting», de Christophe Maé, l’a salué Gregory Charles. Sa relecture presque parlée était intense comme lui, et a semblé ravir Lara Fabian. «Tu chantais tellement d’instinct. Il y a quelque chose de tellement naturel chez toi (...) Il n’y a pas de limites où tu es capable de te rendre», l’a encensé Gregory Charles.

Ils poursuivent l’aventure      

William Cloutier - 25 ans - Victoriaville

Annabel Oreste - 20 ans - Laval

Dashny Jules - 20 ans - Montréal

Queenie Clément - 29 ans - Montréal

Lunou Zucchini - 25 ans - Saint-Denis-sur-Richelieu

Matt Moln - 21 ans - Lévis

Meghan Oak - 23 ans - Coteau-du-Lac

Jacob Roberge - 22 ans - Lévis

Guillaume Lafond - 25 ans - Richelieu

Shayan Heidari - 20 ans - Montréal

Maëva Grelet - 19 ans - Saint-Jean-sur-Richelieu

Rosalie Ayotte - 20 ans - Saint-Tite

Zara Sargsyan - 16 ans - Montréal