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Accusé de harcèlement sexuel, Andrew Cuomo peine à éteindre les critiques

Le puissant gouverneur de l'État de New York faisait face lundi à de nouvelles critiques pour avoir affirmé que les deux femmes qui l'accusent de harcèlement sexuel avaient «mal interprété» ses propos, tandis que la procureure de l'État confirmait lancer une enquête sur ces accusations.

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Le démocrate Andrew Cuomo, 63 ans, l'un des plus puissants gouverneurs américains, s'est dit «désolé» dimanche, après que deux ex-collaboratrices l'ont accusé de harcèlement sexuel en l'espace de quelques jours.

M. Cuomo, qui dirige l'État de New York depuis 10 ans, a affirmé n'avoir jamais voulu leur faire des avances, avoir uniquement voulu «blaguer» ou «taquiner».

«Je me rends compte que certaines choses que j'ai dites ont été mal interprétées, comme du flirt non sollicité. Si certaines ont eu cette impression, j'en suis vraiment désolé», a-t-il ajouté.

Ces propos ont été mal accueillis.

Le maire de New York, Bill de Blasio, aux relations notoirement difficiles avec le gouverneur, a jugé qu'il ne «s'était pas excusé».

«C'est comme s'il disait, "Je blaguais juste", mais le harcèlement sexuel, ça n'a rien de drôle. Il a semblé s'affranchir de tout reproche pour quelque chose qui, pour les femmes concernées, semble assez terrifiant.»

Un groupe d'ex-aides parlementaires qui dénoncent le harcèlement au parlement de l'État de New York, le Sexual Harrassment Working Group, a aussi jugé «insultant» le message du gouverneur.

«Il refuse d'accepter ses responsabilités et nous n'avons aucune raison de penser qu'il ne va pas répéter ce comportement», a tweeté l'organisation.

Si certains élus new-yorkais, y compris de la majorité démocrate, demandent la démission de M. Cuomo, dont le 3e mandat expire fin 2022, les leaders des deux chambres se sont abstenus pour l'instant, en attendant les résultats d'une enquête sur ces allégations.

«On va attendre le rapport, mais je crois qu'il faudra finir par faire quelque chose, et la question de savoir si le gouverneur peut continuer (à occuper son poste) reste ouverte», a indiqué lundi le numéro 2 démocrate du Sénat new-yorkais, Mike Gianaris, à la chaîne NY1.

La procureure de l'État, Letitia James, a confirmé lundi que M. Cuomo avait finalement accepté de lui confier l'enquête.

«Les résultats seront révélés dans un rapport public», a-t-elle indiqué, sans préciser sous quel délai.

Une ex-conseillère économique du gouverneur, Lindsey Boylan, 36 ans, avait affirmé mercredi que le gouverneur l'avait embrassée sur la bouche de façon non sollicitée et suggéré qu'elle joue avec lui au «strip poker», entre 2015 et 2018.

Samedi, Charlotte Bennett, 25 ans, a indiqué que le gouverneur lui avait fait des avances qui l'avaient mise «mal à l'aise» au printemps 2020.