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COVID-19 un an plus tard : Danielle McCann ébranlée par les décès en CHSLD

Le 27 février 2020, Danielle McCann, alors ministre de la Santé, annonce le premier cas de COVID-19 au Québec. Sans le savoir, elle s’apprêtait à monter dans l’arène contre la plus grande crise sanitaire des 100 dernières années.

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«En janvier, février, l’OMS et même la santé publique canadienne disaient que le risque était faible pour le Canada. On a entendu ça jusqu'à la fin février. Que ça pourrait être comme une grippe alors on n’était pas trop inquiet, on était sur nos gardes, mais pas trop inquiet», mentionne Mme McCann.

Les choses ont rapidement déboulé en mars, plongeant la province dans la première vague de la pandémie.

Danielle McCann sera au premier plan pendant plusieurs mois aux côtés du premier ministre François Legault et du Directeur national de la Santé publique, Dr Horacio Arruda.

Durant les mois qui suivront, elle sera confrontée à une possible pénurie d’équipements de protection individuelle, mais aussi à un système de santé fragilisé.

Les CHSLD sont bondés de cas et les décès s’accumulent et le manque de personnel vient exposer les lacunes d’un système davantage affaibli par la crise.

«Quelque chose de très dangereux» 

La situation au CHSLD Herron l’a particulièrement ébranlé.

«On a complètement changé le réseau pour se préparer pour la COVID-19. On s’est dit ''on a une maîtrise''. Quand est arrivé Herron et qu'on a vu la situation à Herron on s’est dit ''on a affaire à quelque chose de très dangereux''», raconte-t-elle.

Le Québec parviendra finalement à faire fléchir la courbe grâce aux mesures implantées, marquant ainsi la fin de la première vague. Il faut alors redresser le réseau de la santé et se préparer à une éventuelle résurgence de la pandémie, déjà anticipée par Québec.

Legault brasse les cartes 

Mais c’est sans Danielle McCann que le gouvernement tentera de le faire. À l’aube de la saison estivale, François Legault brasse les cartes et confie le portefeuille de la Santé à Christian Dubé.

«C'était bon d'avoir du sang neuf. Quelqu'un qui a de l'énergie, puis quelqu'un peut-être un peu plus "tough"», expliquera le premier ministre qui souhaite plus de rigidité pour obtenir des résultats.

Mme McCann, qui a hérité du ministère de l’Enseignement supérieur, ne cache pas sa déception.

«J'étais déçue. J'étais même perplexe parce qu'au mois de juin, il y avait eu un sondage TVA, j'étais la ministre plus populaire après le premier ministre évidemment», analyse-t-elle.

«Le ministère de l'Enseignement supérieur c'est un privilège. Il faut que je sois candide et honnête : moi c'est sûr que j'étais venu en politique pour la santé», affirme Danielle McCann.

Malgré tout, sa plus grande désolation demeure le nombre de décès survenus à cause de la COVID-19.

«On a tout fait. On a tout fait ce qu'on pouvait faire. Et c'est un sentiment incroyable... Moi, c'est ce qui m'a le plus touchée, les décès. De voir toutes ces personnes décédées. La détresse, la détresse des familles», dit-elle.

Elle qualifie d’«infinie tristesse» la mort des préposés aux bénéficiaires qui ont succombé au coronavirus.

«On se sent responsable, je vous dirais. On ne se sent pas coupable. Je ferais la différence entre les deux parce qu'on a vraiment travaillé autant qu'on pouvait, trouvé tous les moyens, mais on était devant une situation où il nous manquait 10 000 préposés aux bénéficiaires», explique-t-elle.

Voyez l'intégralité de la première des cinq émissions spéciales sur les un an de la pandémie dans la vidéo ci-dessus 

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