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Est-ce le temps d’acheter une maison à prix gonflé?

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Illustration Adobe Stock

Il y a peu de maisons sur le marché, les délais de vente sont courts et les vendeurs savent qu’ils tiennent le gros bout du bâton. Dans ces conditions, ne vaudrait-il pas mieux repousser l’achat d’une maison ?

La question se pose, puisque dans les dernières années, les prix ont augmenté très rapidement. 

Entre janvier 2016 et janvier 2021, le prix médian d’une maison unifamiliale au Québec est passé de 227 000 $ à 323 500 $, soit une augmentation de 42,5 % en seulement cinq ans. 

Comparé à l’inflation, c’est beaucoup. Selon la Banque du Canada, l’inflation a été de seulement 9 % pendant la même période. 

Même si l’on considère la faiblesse actuelle des taux d’intérêt dans le calcul, l’acheteur de 2021 devra fournir un effort financier plus élevé que celui qui est devenu propriétaire il y a cinq ans. Et pour l’acheteur d’une première maison, le plus difficile sera d’accumuler la mise de fonds.

Malgré cela, beaucoup d’acheteurs ne semblent pas freinés dans leurs démarches et n’hésitent pas à surenchérir sur le prix demandé. 

Mais en même temps, quelques acheteurs m’ont dit que leur côté rationnel les chatouillait. « Est-ce que le prix que je m’apprête à payer est trop élevé ? »  

C’est ici que plusieurs acheteurs vont se réconforter avec l’adage suivant : « Oui, mais une maison, c’est un investissement ! » 

Vraiment un investissement ? 

Il y a deux écoles de pensée à ce sujet. Il y a ceux qui pensent que oui, et ceux qui pensent que non. À mon avis, cela dépend. 

Si vous achetez une maison et que la somme des intérêts, de l’entretien et des rénovations vous appauvrit et vous empêche de faire fructifier votre argent, votre maison n’est pas un bon investissement sur le plan financier. Et n’oubliez pas que la plus-value potentielle n’est jamais garantie.

En revanche, si éventuellement vous vous servez de la valeur de votre maison afin de générer plus de valeur (par exemple en utilisant les capitaux pour investir dans un immeuble à revenus), votre maison pourra être considérée comme un investissement. Elle aura généré des revenus et de la valeur. 

Mon conseil est de trouver le juste milieu. Cherchez une maison qui vous rendra heureux, mais qui limitera votre appauvrissement et idéalement qui vous permettra de vous enrichir sur le long terme. 

Être capable de payer 

Avant de surenchérir sur la maison de vos rêves, faites des calculs. Advenant un imprévu financier, serez-vous capable de payer l’hypothèque et tous les autres frais ?

L’important, c’est de conserver une marge de manœuvre. Si votre stratégie d’achat dépend d’une croissance des prix à un rythme exponentiel, vous risquez de frapper le mur. En revanche, sur le long terme, on peut généralement s’attendre à une croissance raisonnable des prix. 

Et si vous ne pouvez pas acheter maintenant, il vaut peut-être mieux attendre que vos revenus, vos avoirs et votre pouvoir d’achat aient suffisamment augmenté.   

  • Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.    

Conseils   

Si vous êtes en train d’épargner la mise de fonds, n’attendez pas d’avoir une mise de fonds de 20 % pour devenir propriétaire. Les prix des maisons pourraient augmenter plus rapidement que votre capacité d’épargne. Visez plutôt le minimum de 5 % du prix d’achat.  

Il est important de bien connaître le marché qui vous intéresse. D’une ville ou d’un quartier à l’autre, les prix, l’inventaire et les délais de vente peuvent être différents de la moyenne à l’échelle de tout le Québec.  

Faites équipe avec un courtier immobilier. Il pourra vous aider à dénicher une maison dans la région qui vous intéresse, selon votre budget. N’oubliez pas que pour l’acheteur, les services du courtier sont gratuits.