/finance/homepage

Huawei, «une menace réelle et très sérieuse»

Le président de l’entreprise québécoise Genetec, qui a développé un logiciel de pointe de gestion de parcs de caméras vidéo, estime qu’Ottawa met en danger la sécurité du pays en laissant le champ libre à Huawei.

« Presque toute la recherche qui se fait en télécommunication au Canada, Huawei y a accès. Gracieuseté de nos gouvernements », va jusqu’à dire Pierre Racz, PDG de Genetec. 

• À lire aussi: Un don de 3,9 M$ à l’UdeM suscite des interrogations

« C’est une menace réelle et très sérieuse », ajoute-t-il.

Fondée en 1997, l’entreprise québécoise Genetec est un poids lourd.

Plus de 1500 personnes y travaillent, principalement à son siège social de Ville Saint-Laurent, mais l’entreprise a aussi des bureaux à Sherbrooke, à Québec, à Drummondville et dans les grandes capitales mondiales.

Risques d’espionnage 

Or, pour le grand patron de Genetec, qui détient plus d’une cinquantaine de brevets, l’omniprésence de Huawei au pays compromet la sécurité du pays.

« Si quelqu’un veut mettre un pays à genou, il peut le faire en empêchant les artéfacts électroniques de circuler ou pire encore en les écoutant et en tirant des informations », déplore Pierre Racz.

D’après lui, « la grosse catastrophe » a commencé sous l’ère de Stephen Harper, lorsqu’il a serré la vis à la recherche et insisté pour qu’il y ait des coopérations public-privé.

« Ce qui me choque le plus, c’est de voir aujourd’hui la soirée du hockey commanditée par Huawei », soupire le numéro 1 de Genetec.

Rappelons que Huawei a toujours vigoureusement nié les accusations d’espionnage qui pèsent contre elle.

« Fort d’un historique irréprochable en matière de cybersécurité depuis son arrivée au Canada en 2008, Huawei Canada est fier de contribuer à bâtir l’excellence de la filière canadienne en recherche et développement en technologie », a souligné Sabrina Chartrand, porte-parole de Huawei ici.