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Ma fille n’aime plus l’école

Guylaine Valois

Chantal Poirier / JdeM

La situation est critique. La santé mentale et l'éducation de nos enfants sont affectées et en conséquence, leur carrière et leur avenir. 

Mon enfant est inscrite au programme d’études internationales (PEI) et éprouve des difficultés très marquées en première secondaire, année charnière. Ses résultats sont loin d'atteindre la qualité habituelle. Ses résultats sont sous les moyennes, notamment en français écrit où elle a 51%. 

Elle a demandé de l'aide à son professeur et obtenu comme réplique: « Étudie davantage ». Angoissée de nature, elle s'adapte difficilement et c’est dur pour elle de parler, imaginez demander de l'aide et que celle-ci vous soit refusée.

Trois profs depuis le début de l’année

Sa matière préférée, mathématiques, est devenue celle qu'elle déteste le plus. Nous en sommes au troisième enseignant depuis le début d'année. Elle n'arrive pas à assimiler les nouvelles notions. Son deuxième professeur avait une méthode et une patience lui permettant de comprendre certains concepts et obtenir une note de 96% dans un examen subséquent. Mais encore une fois, nouveau professeur, nouvelle approche. Elle déteste maintenant cette matière; et qui déteste n’y met pas son plein effort.

La classe de musique n’a pas encore touché aucun instrument, et on est rendu en mars. Ils regardent des vidéos et mettent fin à la période de façon hâtive régulièrement. Pourquoi alors ne pas offrir une alternative? La musique théorique, vraiment pas stimulant. Arts plastiques, dessins animés, manga. Soyons créatifs, particulièrement en l'absence d'activités parascolaires, peut-on au moins s'assurer de motiver nos enfants autrement?

À l'automne, nous avons eu le « privilège » de discuter avec le professeur en charge du cheminement de notre enfant, en poste depuis une semaine, évidemment sans détails ni conseils. Ce professeur n'est plus en poste.

Bonifier le tutorat

Mon enfant est découragée, veut abandonner le PEI. Elle n'aime plus l'école et je m'inquiète. Elle a besoin de classes de rattrapage et de tutorat pour regagner sa confiance, mais malheureusement rien ne lui a est offert et nos finances ne peuvent se permettre d’aller au privé. 

En annulant les examens ministériels sous prétexte d’enlever du stress aux jeunes, le gouvernement ne sera pas en mesure d'effectuer une analyse comparative impartiale des effets concrets des mesures COVID sur les étudiants. Comment palier aux lacunes si on ne les connait pas?

Ce qui est déconcertant, c'est que ni les étudiants, ni les enseignants sont les plus à risque. On isole toute une population, on hypothèque le futur de nos jeunes, de nos entreprises locales, on met la nation et l'économie sur pause parce que nos gouvernements passés n'ont pas su injecter les budgets nécessaires pour assurer les services essentiels en santé, et en éducation. Conséquence: un système faible, fatigué, habitué à tourner les coins ronds et incapable d'absorber une augmentation d'admissions et des interventions urgentes sur les patients

Plusieurs problèmes sont cités ici, mais ce dont ma fille a besoin c’est de tutorat gratuit et régulier pour assimiler les notions incomprises. Et pour qu’elle reprenne confiance en elle. J’ai trois enfants au primaire et au secondaire, ce besoin n’est pas unique. 

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