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Cinq ans de taule pour avoir secoué à mort un bébé

Menotté, au palais de justice de Joliette, Mathieu Frenette a été escorté par un constable spécial, lundi.

Photo Antoine Lacroix

Menotté, au palais de justice de Joliette, Mathieu Frenette a été escorté par un constable spécial, lundi.

Rongé de remords, un jeune homme de 26 ans qui a secoué à mort un bébé âgé d’à peine six semaines a pris lundi le chemin du pénitencier pour les cinq prochaines années.

« Je suis vraiment désolé. Si je pouvais remonter dans le temps, je le ferais. [...] J’espère que durant ma sentence, je vais aller chercher l’aide nécessaire et un jour avoir la force de me pardonner pour ce que j’ai fait », a laissé tomber Mathieu Frenette, au palais de justice de Joliette.

C’est en mars 2017 qu’il a commis l’irréparable envers un nouveau-né, à Charlemagne, dans Lanaudière. On ne peut révéler l’identité du bébé sur ordre de la cour.

Dans les semaines qui ont précédé la mort du poupon, l’accusé semblait conscient de la gravité de ses gestes et avait fait plusieurs recherches sur internet afin de se renseigner sur les symptômes du bébé secoué, après des épisodes où il s’en était pris au nouveau-né.

Perdu patience 

Des thèmes comme « bébé secoué », « cris, rires, pleurs fréquents, diminution des boires bébé un mois », « bébé commotion cérébrale » et un article intitulé « comment savoir si j’ai fait une crise cardiaque » faisaient partie de son historique de navigation.

Frenette a avoué aux policiers qu’il était en détresse et qu’il dormait peu durant cette période.

À quelques reprises, il a perdu patience avec la victime et l’a secouée pour qu’elle arrête de pleurer.

Lors de l’événement ayant mené au décès du nouveau-né, il a reconnu qu’il avait mis plus de force que les fois précédentes.

Frenette a reconnu sa culpabilité l’année dernière quant à des accusations d’homicide involontaire et de voies de fait graves.

Lundi, il était de retour devant le tribunal afin de connaître sa sentence. Sac de sport en bandoulière rempli de ses effets personnels, il savait qu’il allait se retrouver derrière les barreaux.

Ses parents étaient présents pour le soutenir, ce qui a donné lieu à des adieux émotifs.

La suggestion commune de cinq ans de détention a été entérinée par le juge Claude Lachapelle.

Remords sincères 

Plusieurs facteurs atténuants ont été pris en compte pour proposer cette sentence, dont son jeune âge au moment des faits.

« Les remords réels et sincères de M. Frenette relativement aux gestes. Le risque de récidive est présent, mais peut être écarté dans la mesure où monsieur poursuit un suivi thérapeutique [volontaire] », a énuméré son avocate, Me Stéphanie Basso.

« Vous viviez une situation de détresse à ce moment-là. Ça n’excuse pas les gestes, mais ça permet de comprendre, a commenté le magistrat. Je vous souhaite bonne chance. »

- Avec Claudia Berthiaume