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La ministre Nathalie Roy perd son chef de cabinet

Photo d'archives Agence QMI

À la suite d’une controverse concernant ses intérêts dans une maison de disques, Sandy Boutin quitte ses fonctions de chef de cabinet auprès de la ministre de la Culture pour aller occuper le même poste dans un autre cabinet.

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M. Boutin a confirmé que cette décision a été prise après la publication d’un reportage de notre Bureau d’enquête exposant sa situation.

Au cours des prochaines semaines, il deviendra chef du cabinet de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx.

«Je m’en vais là-bas, a-t-il dit. Je suis en train de confirmer la transition alors je n’ai pas encore la date exacte de mon entrée en fonction.»

Dans l’intervalle, M. Boutin continue de travailler au cabinet de la ministre de la Culture Nathalie Roy, où il avait été nommé en août 2019.

Il y a un mois, notre Bureau d’enquête a rapporté que M. Boutin était toujours président de sa maison de disques Simone Records tout en exerçant ses fonctions au cabinet de Mme Proulx.

Perceptions

Cette situation avait été déclarée au commissaire à l’éthique et certaines balises avaient été mises en place pour éviter les apparences de conflits d’intérêts.

Mais des experts en éthique et gouvernance jugeaient malgré tout que M. Boutin était dans une situation délicate, du point de vue des perceptions, en raison notamment des contacts qu’il maintenait avec son entreprise tout en ayant accès à des informations privilégiées au cabinet.

Dans une entrevue mardi, M. Boutin a affirmé qu’il avait pris la décision de changer de cabinet à la suite de cette controverse.

«Même si j’ai suivi les règles, les impressions de votre article n’ont pas aidé, a-t-il dit. Je ne prends pas de chance, j’ai demandé qu’on me bouge de place.»

M. Boutin a affirmé qu’il n’a pas l’intention de placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard. Le code d’éthique de l’Assemblée nationale n’impose cette contrainte qu’aux ministres.

«La loi ne me l’oblige pas et je respecte les règles à la lettre», a-t-il dit.

M. Boutin a songé à retourner dans sa maison de disque, dont il est seul actionnaire et administrateur, mais il a préféré rester en politique.

«Je ne voulais pas que ça ait l’air comme si j’avais quelque chose à me reprocher», a-t-il dit.