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Le PQ rêve de «Marie-Vic»

La décision très probable de Catherine Fournier de briguer le poste de mairesse de Longueuil aurait un effet domino à l'Assemblée nationale.

Elle libérerait ainsi rapidement le siège de Marie-Victorin, victoire la plus à l'ouest du Parti québécois lors des élections de 2018.

Le 11 mars 2019, Mme Fournier décidait de quitter le caucus du PQ et de siéger comme indépendante. Effet domino important, ici: le PQ fut rétrogradé au rang de 3e opposition.

Pas de pression, mais...

La majorité de Catherine Fournier, en 2018, n'avait rien de massif: 705 voix. Bien que très énergique et porté sur le travail «terrain», Fournier sait qu'elle n'aurait pratiquement aucune chance d'être réélue comme indépendante dans «Marie-Vic» en 2022.

Le nouveau chef du PQ Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), lui, rêve de s'y présenter et faire son entrée à l'Assemblée nationale. Le 20 février, d'ailleurs, le groupe Facebook du PQ de Marie-Victorin publiait une vidéo dans laquelle l'épouse de M. St-Pierre-Plamondon, Alexandra Tremblay, sollicitait des dons pour le parti.

Certes, le chef péquiste a peu de pression pour se muer en élu. Lui-même a toujours dit, depuis son arrivée à la tête du PQ en octobre 2020, ne pas être pressé de se trouver un siège. Il a même affirmé pouvoir attendre en 2022 pour tenter sa chance de nouveau (en 2018, il fut défait dans Prévost par Marguerite Blais).

Les autres partis aussi semblent se foutre que le chef de la 3e opposition soit à l'«assnat» ou non. En des circonstances similaires - nouveau chef non élu -, ils traiteraient PSPP de «fantôme du parlement», épithète que le PQ de Marois réservait à Philippe Couillard après qu'il soit devenu chef en mars 2013.

N'empêche, il y a quelque chose de plus en plus incongru à voir le non élu PSPP commenter la politique, dans le hall de l'hôtel du parlement, aux côtés d'un de ses huit députés (se trouvant contraint de partager son privilège d'élu).

Convention fragile

Au reste, si Catherine Fournier ne peut rêver d'être réélue en 2022, malgré son enracinement dans le comté et malgré sa notoriété, recueillie au fil de ses nombreuses campagnes (Bloc 2015) et de son travail de députée depuis son élection le 5 décembre 2016, comment PSPP peut-il penser sérieusement ravir ce siège?

Grâce à la «convention» - donc non écrite et pas toujours respectée - voulant que lorsqu'un chef de parti tente de faire son entrée au parlement, les autres formations ne lui opposent pas d'adversaire.

En 2007, Jean Charest eut ce geste de mansuétude à l'égard de Pauline Marois, qui fut élue le 24 septembre. En mai 2017, le PQ n'était pas au pouvoir, mais - rêvant sans doute de convergence - n'avait opposé aucun candidat à Gabriel Nadeau-Dubois, qui succéda finalement à Françoise David dans Gouin.

La CAQ, à l'époque, avait malgré tout présenté un candidat. Comme l'ADQ en 2007, contre Marois. Bref, la convention ne semble pas bien enracinée dans la «famille». Parlant famille, que fera François Legault devant un PSPP dont il n'a parlé qu'une seule fois depuis octobre... pour lui reprocher de l'avoir attaqué vicieusement?

Un Legault qui rêve, lui, à la fin du PQ.