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Saisie troublante de 15 armes à feu à Lévis

Revolver de la compagnie Smith & Wesson, un fabricant américain. Il est prohibé au Canada. Le revolver saisi chez l’accusé était de calibre 28 et ressemble à celui de la photo.

Photo courtoisie

Revolver de la compagnie Smith & Wesson, un fabricant américain. Il est prohibé au Canada. Le revolver saisi chez l’accusé était de calibre 28 et ressemble à celui de la photo.

Une quinzaine d’armes à feu, dont certaines prohibées, ont été saisies chez un homme de Lévis qui demeure détenu depuis la troublante découverte survenue lors d’une perquisition policière en août dernier. 

Les détails de la saisie n’avaient encore jamais été dévoilés par les corps policiers impliqués, soit le Service de police de la Ville de Lévis (SPVL), la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et la Sûreté du Québec (SQ).  

Le Journal a mis la main sur les dénonciations relatives à l’arrestation de l’individu visé, Abdellah El Harchiche. 

On apprend ainsi qu’El Harchiche avait en sa possession, sans détenir de permis, 12 armes à feu de type SKS – des carabines semi-automatiques très prisées au pays. 

L’accusé de 49 ans, qui n’a pas d’antécédents criminels, détenait aussi deux armes prohibées : un revolver Smith & Wesson de calibre 28 spécial et une carabine Norinco M305 de calibre 308. 

Pistolet s’apparentant à celui saisi chez l’accusé. Sur la photo, il s’agit d’un Zastava M57, qui est une copie du Tokarev­­­ M57 saisi chez l’accusé.

Photo courtoisie

Pistolet s’apparentant à celui saisi chez l’accusé. Sur la photo, il s’agit d’un Zastava M57, qui est une copie du Tokarev­­­ M57 saisi chez l’accusé.

La police a aussi découvert dans la demeure des munitions et 16 dispositifs prohibés, soit des chargeurs, sans qu’il détienne de permis.  

On lui reproche également d’avoir eu en sa possession une arme à feu à autorisation restreinte, soit un pistolet Tokarev M57 qui était chargé, sans certificat d’enregistrement et sans permis, ainsi que l’entreposage négligent d’armes à feu. 

Cette découverte troublante n’est pas sans rappeler la perquisition de la GRC qui a permis de découvrir un véritable arsenal de guerre dans le domicile de Karl Maheux, à L’Ancienne-Lorette.

Le mois dernier, la police y a saisi une très grande quantité de munitions, des armes prohibées, ainsi qu’une dizaine de bombes artisanales. 

Il n’y a pas de lien a priori entre les individus, mais les deux hommes n’ont pas de dossier criminel et leurs motivations restent nébuleuses. 

Carabine Norinco, une copie chinoise du fusil d’assaut N14, qui était un fusil utilisé dans l’armée américaine jusque dans les années 1970. Photo à titre d’exemple de ce qui a été saisi.

Photo courtoisie

Carabine Norinco, une copie chinoise du fusil d’assaut N14, qui était un fusil utilisé dans l’armée américaine jusque dans les années 1970. Photo à titre d’exemple de ce qui a été saisi.

Menaces de mort   

El Harchiche fait cependant face à une kyrielle d’autres accusations, entre autres d’avoir menacé de mort trois citoyens ainsi que des policiers de Lévis, toujours en août dernier.

L’une des trois victimes aurait vécu un véritable calvaire, alors qu’elle aurait été harcelée, menacée de mort et attaquée avec une assiette. Selon la dénonciation, la situation aurait duré tout le mois d’août. 

Les corps policiers restent plutôt discrets sur le dossier, qui est sous la responsabilité de l’unité des crimes majeurs à la SQ. « Le suspect est détenu depuis le 28 août dernier. Il est en attente de son procès prévu en juillet 2021 », indique Louis-Philippe Bibeau, porte-parole à la SQ. 

La procureure de la Couronne, Mélanie Ducharme, a précisé que les deux demandes de remise en liberté de l’accusé ont été refusées. 

La SQ enquête sur la question des armes, et un volet relève de la GRC, selon nos informations.  

La GRC n’a pas porté d’accusations, a indiqué le porte-parole Charles Poirier, mais cela ne veut pas dire qu’elle ne le fera pas plus tard. 

Arme de type SKS, soit une carabine semi-automatique. Cette arme d’origine soviétique est un fusil d’assaut développé dans les années 1945. Il s’agit d’une ancienne arme militaire qui ressemble aux carabines. Photo à titre d’exemple de ce qui a été saisi.

Photo courtoisie

Arme de type SKS, soit une carabine semi-automatique. Cette arme d’origine soviétique est un fusil d’assaut développé dans les années 1945. Il s’agit d’une ancienne arme militaire qui ressemble aux carabines. Photo à titre d’exemple de ce qui a été saisi.

Employé du gouvernement  

Le Journal a pu confirmer que l’accusé travaillait chez Infrastructures technologiques Québec (ITQ), une entité gouvernementale. 

Questionnée sur l’arrestation d’El Harchiche et les armes saisies , la porte-parole d’ITQ, Karine Morin, a refusé de commenter.

Un énorme marché de revente au pays  

Les carabines semi-automatiques, comme celles saisies chez l’homme de Lévis, font l’objet d’un énorme marché de revente illégal au Canada, car il est très facile de s’en procurer et elles sont très prisées. 

« Ces armes-là, rien n’empêche d’en acheter 10 et le gouvernement ne le saura pas », explique Francis Langlois, professeur d’histoire au Cégep de Trois-Rivières et expert sur la question des armes à feu aux États-Unis et au Canada.  

Il est nécessaire d’être titulaire d’un permis pour se procurer une telle arme en magasin. Toutefois, il n’y a aucun contrôle sur le nombre d’armes de ce type que possède une personne.  

« Donc ça s’échange ça en dessous de la couverte, mais c’est illégal de faire ça », explique l’expert.

Il précise que des revendeurs ne suivent pas toujours les procédures nécessaires demandées par le gouvernement et exigées par celui-ci lors de la revente d’armes. 

Le cas de M. El Harchiche lui fait penser, sous toutes réserves, à un possible trafic d’armes, puisqu’il n’avait pas de permis pour les détenir. 

Armes soviétiques  

Il ajoute que les carabines semi-automatiques SKS sont très prisées par les amateurs de tir. 

« C’est un peu l’arme d’entrée pour quelqu’un qui voudrait commencer à tirer et qui s’intéresse au tir de précision ou au tir sportif », précise l’expert.  

Il remarque également que les armes saisies sont essentiellement d’origine soviétique.  

« On dirait qu’il se spécialise dans les armes du bloc communiste ou anciennement communiste. Le Tokarev et le SKS sont des armes soviétiques et le Norinco est une copie chinoise d’une arme qui était utilisée par l’armée américaine jusque dans les années 1970 », observe M. Langlois.  

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