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Un ex-employé de l’industrie porno a agressé une femme

Bloc justice

Photo d'archives, Fotolia

Un ex-employé du géant montréalais de la porno MindGeek qui s’en est pris à une jeune femme en faisant « comme s’ils étaient dans un film pornographique hardcore » a été condamné à la prison à domicile par un juge qui a tenu à rappeler les règles de base du consentement.

« Le fait qu’il se soit permis de franchir les limites établies par la victime est un comportement épouvantable. Elle avait le droit de choisir les activités sexuelles auxquelles elle consentait, tout comme n’importe qui a le droit absolu de le faire », a récemment commenté le juge Manlio Del Negro en condamnant Benjamin Sklivas au palais de justice de Montréal.

L’homme de 27 ans a commis son crime en 2017. À cette époque, il avait rencontré une femme de 19 ans sur l’application Tinder, et les deux échangeaient des messages hyperexplicites.

Or, quand ils se sont vus en personne, la femme a mis des balises que Sklivas n’a pas respectées, tant lorsqu’elle s’est réfugiée, affolée, dans les toilettes de Sklivas que quand elle a tenté de se rhabiller en lui demandant d’arrêter.

Ce n’est que quand il a réalisé qu’il faisait « quelque chose de mal » que l’agression a pris fin.

« Pire humain »

« Je me sens comme le pire humain de la planète, a écrit Sklivas à sa victime, peu de temps après. J’ai été à l’encontre de ce que tu disais, je n’ai pas été capable de me contrôler. »

Mais les excuses de Sklivas n’ont pas empêché la femme de porter plainte à la police. Accusé d’agression sexuelle, il a reconnu les faits en plaidant coupable.

« En agissant comme il l’a fait [lors du crime], il a fait preuve d’un extrêmement faible jugement, tout comme dans son choix d’emploi pour une compagnie dont le cœur des affaires est l’industrie pornographique », a insisté le juge.

Depuis plusieurs mois, Pornhub, une filiale de MindGeek, est critiquée pour ne pas en faire assez pour contrer la diffusion de vidéos non consensuelles ou de pornographie juvénile.

Casier judiciaire

Lors des plaidoiries sur sentence, Sklivas a essayé de convaincre le juge qu’il ne méritait pas de casier judiciaire. Mais même si ses remords étaient sincères et qu’il a suivi des thérapies, le juge n’a pas voulu accorder sa demande.

D’abord parce que la victime a énormément souffert de l’agression, mais aussi parce que la violence sexuelle envers les femmes doit être dénoncée, a-t-il dit en rappelant que l’Organisation mondiale de la santé a elle-même tiré la sonnette d’alarme sur ce problème majeur.

Ainsi, il a condamné Sklivas à neuf mois de prison à domicile, suivis de 18 mois de probation, ainsi qu’à une inscription au registre des délinquants sexuels pendant 10 ans.


Jointe par Le Journal, MindGeek a indiqué que Sklivas a perdu son emploi en octobre pour d’autres raisons.