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Blinken promet la fermeté face à la Chine, «plus grand défi» du siècle

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a érigé mercredi la compétition avec la Chine en «plus grand défi géopolitique du XXIe siècle» et en priorité de la politique étrangère de Joe Biden, promettant de conjuguer fermeté et dialogue.

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«Plusieurs pays représentent des défis importants pour nous, dont la Russie, l'Iran ou la Corée du Nord», a-t-il déclaré lors de son premier grand discours de politique étrangère depuis l'entrée en fonctions du nouveau président des États-Unis en janvier.

«Le défi posé par la Chine est différent. La Chine est le seul pays avec la puissance économique, diplomatique, militaire et technologique susceptible d'ébranler sérieusement le système international stable et ouvert, toutes les règles, valeurs et relations qui rendent le monde tel que nous voulons qu'il soit», a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'État a promis que les relations avec Pékin seraient un mélange de «compétition quand ce sera sain», «collaboration quand ce sera possible» et «antagonisme quand ce sera nécessaire».

La confrontation entre les deux premières puissances mondiales est allée crescendo sous la présidence de Donald Trump. Au départ principalement bornée à la guerre commerciale, elle a viré au bras de fer sur tous les dossiers, des droits humains à la compétition technologique en passant par la gestion du Covid-19, le sort de Hong Kong ou les accusations d'expansionnisme militaire en mer de Chine méridionale.

Sous la houlette de l'ex-secrétaire d'État Mike Pompeo, un faucon, les relations sont tombées au plus bas depuis leur instauration officielle dans les années 1970, aboutissant à une crise inédite aux allures de nouvelle Guerre froide.

Antony Blinken, qui s'exprimait avant que la Maison-Blanche ne dévoile dans la journée les lignes directrices de sa politique étrangère, a promis de «dialoguer avec la Chine depuis une position de force».

La doctrine diplomatique de Donald Trump, empruntée à son lointain prédécesseur républicain Ronald Reagan, était aussi «la paix par la force». Mais la nouvelle équipe démocrate assure qu'elle n'avait de «force» que le nom.

«La vraie force, ce ne sont pas les fanfaronnades et les coups de menton. Elle ne s'appuie pas uniquement sur la puissance militaire», a estimé Antony Blinken, dans une attaque à la diplomatie trumpiste. «La vraie force», cela signifie défendre les droits humains mais aussi «travailler avec nos alliés et partenaires sans les dénigrer, car nos poids combinés rendent beaucoup plus difficile pour la Chine de nous ignorer», a-t-il martelé.

Cela nécessite «de travailler au sein des organisations internationales, car lorsque nous les avons quittées, la Chine a rempli le vide», a-t-il encore dit, alors que Joe Biden est revenu dans l'accord de Paris sur le climat et l'Organisation mondiale de la santé dont son prédécesseur avait claqué la porte. Et enfin, «cela signifie investir dans les entreprises, les travailleurs et les technologies américains (...) car quand nous faisons cela, nous pouvons battre n'importe qui».

Dès avant sa prise de fonctions, le nouveau secrétaire d'État avait reconnu que le milliardaire républicain avait «eu raison d'avoir une position plus ferme face à la Chine», tout en critiquant ses méthodes.

Mais depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, le nouveau gouvernement est resté plutôt discret sur ce «défi». Mercredi encore, Antony Blinken n'est pas entré dans le détail de sa stratégie.

Parmi les autres priorités, il a évoqué la lutte contre la pandémie et contre le réchauffement climatique, ainsi que la défense de la démocratie.

«Nous allons encourager les comportements démocratiques, mais nous n'allons pas promouvoir la démocratie par des interventions militaires coûteuses ou en tentant de renverser des régimes autoritaires par la force», a assuré le ministre, estimant que ces «tactiques» du passé n'avaient «pas marché».

«Le président a promis que la diplomatie passera toujours en premier», même s'il «n'hésitera jamais à recourir à la force quand des vies américaines ou des intérêts vitaux seront en jeu», a-t-il ajouté.

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