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Décès à Rivière-du-Loup: l’isolement pointé du doigt

La triste histoire de cet homme de Rivière-du-Loup qui a été retrouvé dans son logement plusieurs semaines après son décès fait réagir. Ses proches déplorent l’isolement provoqué par la pandémie

Stéphane Pratte avait 59 ans. Il travaillait dans le milieu du spectacle et connaissait beaucoup de monde.

«C’était mon grand frère, c’était mon ami, c’était aussi la personne avec qui je faisais toutes mes folies ici à Rivière-du-Loup» se souvient avec émotion son ami Papa Noël Sow.

Pourtant, l’homme est décédé seul, chez lui. Diabétique, sa santé était fragile. Son frère qui habite le même immeuble à logements est bouleversé.

«C’était dur à croire qu’il pouvait être décédé en bas de chez nous», affirme Guy Pratte.

Ce décès est peut-être aussi la partie immergée de l’iceberg de la pandémie qui crée des situations de solitude.

«On ne pouvait pas se voir, oui on pouvait s’appeler, mais tu sais chaque personne est restée dans sa zone de confort comme on dit, dans une bulle», reconnaît Papa Noël Sow.

«On se rencontrait souvent nous autres dans la grande salle. Lui il faisait son lavage, ou moi le mien. On se rencontrait là. Depuis que la grande salle est barrée, rapport aux décisions des élus gouvernementaux, on n’a pas accès donc on ne se voyait plus», regrette le frère de la victime.

Un événement triste, mais qui n’est pas rare, surtout chez les personnes aînées. Des organismes tentent de contrer ce fléau.

«On a un service ici qui s’appelle le service Pair, c’est un service qui est gratuit. Ce sont des appels informatiques qui vont être logés chez les abonnés une fois par jour pour s’assurer (...) que la personne est en bon état de santé», explique la directrice générale du Centre d’action bénévole des seigneuries, Christiane Vincent.

250 personnes sont inscrites à ce service au KRTB. Faut-il aller encore plus loin? Papa Noël Sow lance un appel: «Je fais un grand cri du cœur à toute la communauté louperivoise, de voir cette situation, parce que ce n’est pas juste Pratte. C’est par Pratte qu’on a vu, mais il peut y en avoir d’autres.»

Et de rappeler qu’il faut aller prendre des nouvelles les uns des autres. «Je n’osais pas le déranger, mais toi, j’aurais dû», reconnaît Guy Pratte.