/news/currentevents

Une sommité en éducation numérique arrêtée pour contacts sexuels

Le 23 février dernier, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a procédé à l’arrestation de Thierry Karsenti, 52 ans, une sommité en éducation numérique au Québec, en lien avec des infractions d’ordre sexuel.  

Karsenti fait face à des accusations de contacts sexuels sur une personne âgée de moins de 16 ans. Une plainte a été déposée en 2019 au service des enquêtes du SPAL quant à des infractions d’ordre sexuel, commises entre 2015 et 2017, à Brossard, sur un enfant qui était âgé de 11 ans lorsque les gestes reprochés auraient débuté. 

Karsenti a notamment conseillé l’ex-ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, dans la rédaction du Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur, en 2018.  

Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation depuis 2003.  

Thierry Karsenti est aussi directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), qui réunit plus de 130 chercheurs provenant d’une trentaine d’universités.  

Sous le choc  

Du côté du gouvernement, on affirme avoir coupé tous les liens avec le suspect dès que l’on a été informé de la situation, c’est-à-dire, mercredi. 

«Nous avons été informés ce matin de l’arrestation de Thierry Karsenti suite à une plainte d’agression sexuelle sur un mineur. Nous avons immédiatement retiré tous les mandats de consultation à cet individu. Il n’a plus aucun lien avec le ministère de l’Éducation», a déclaré Jean-François Del Torchio, directeur stratégique au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec.  

Le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, s’est dit «sensible à cette situation», mais il préfère ne pas commenter publiquement étant donné le processus judiciaire qui est en cours.  

Dans le milieu de l’éducation où Karsenti «était un incontournable», c’est la consternation. 

«À l’époque, il a travaillé avec le ministère de l’Éducation à l’élaboration du Plan d’action numérique en éducation. Je l’ai rencontré à quelques occasions dans ce contexte-là. Étant moi-même parent, on ne peut pas être insensible à des faits allégués comme ceux-là», a réagi l’ex-ministre libéral, Sébastien Proulx. 

«Il était un acteur incontournable des nouvelles technologies dans le milieu de l’éducation», a-t-il souligné.  

Fréquentes collaborations 

«En tant que média spécialisé dans l'éducation à l'ère du numérique, nous avons effectivement collaboré avec M. Karsenti en diffusant plusieurs articles signés de sa plume et en citant de nombreux travaux de recherche de la Chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation, même encore récemment! Disons qu'il était incontournable! Il va sans dire que nous sommes complètement sous le choc!», a fait savoir Audrey Miller, directrice générale et éditrice de L’École branchée.  

Aide du public  

Le SPAL demande l’aide du public afin d’entrer en contact avec toute personne qui pourrait avoir été victime de Karsenti.  

«Des éléments d’enquête nous portent à croire que le suspect aurait pu faire d’autres victimes», selon la police. 

Les enquêteurs du SPAL demandent à toute personne détenant de l’information sur cet individu de composer le (450) 463-7211 ou le 911. Toutes les informations transmises seront traitées par un enquêteur de façon confidentielle.  

- avec la collaboration de Daphnée Dion-Viens