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Dix métiers pour revenir en force après la crise

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale a ciblé une dizaine de métiers demandés qui offrent d’excellents débouchés pour les Québécois qui se sont retrouvé le bec à l’eau avec la pandémie.

« Mon diplôme d’études professionnelles [DEP] en soudure a été mis sur pause, mais c’est censé reprendre en mars. Tu ne peux pas faire ça en ligne, la soudure. J’adore ça. Ça bouge », lance Jade Desjardins, 22 ans, qui a fait ses premières armes à Industrie-L, à Longueuil.

« Pour être soudeur, faut être manuel, faut être assez guerrier pour te salir, aller dans les trous, être sportif. T’as besoin d’une bonne dextérité », ajoute Danny Roy, 40 ans, soudeur, superviseur et inspecteur, au sein de la PME.

Hier, le ministre du Travail a transmis au Journal sa liste de dix emplois demandés, qui comprend les soudeurs et les charpentiers-menuisiers.

« En construction, on va accélérer des projets d’infrastructure, des rénovations d’hôpitaux, des constructions de routes. Avec le projet de loi que l’on vient d’adopter, ça requiert une main-d’œuvre additionnelle », a expliqué le ministre Jean Boulet en entrevue au Journal.

Bond de 6 %  

Alors que la pandémie a mis à terre des pans entiers de l’économie, le ministre, qui rend public aujourd’hui son rapport annuel sur l’état d’équilibre du marché du travail, a noté que les emplois en déficit ont bondi de 6 %.

« L’an dernier, on avait 117 professions en déficit, ou léger déficit, alors que cette année, on en a 124. C’est 25 % des 500 professions et 36 % de l’emploi au Québec », a-t-il noté.

D’après lui, la relance économique risque d’exacerber les besoins en main-d’œuvre, notamment en santé et en technologie de l’information (TI).

« En technologie de l’information, c’était en équilibre précaire et là, c’est en léger déficit. Le passage au commerce électronique, la numérisation des emplois, le télétravail, ça crée des besoins additionnels », a-t-il analysé.

Une formation d’éducatrice de la petite enfance est une des avenues offrant les meilleurs débouchés. Ici, Sophy Forget-Bélec, de Montréal, au travail.

Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin

Une formation d’éducatrice de la petite enfance est une des avenues offrant les meilleurs débouchés. Ici, Sophy Forget-Bélec, de Montréal, au travail.

Le rôle du PARAF  

Pour donner un coup de barre, son gouvernement a lancé en novembre le Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation (PARAF).

« On paye une allocation hebdomadaire de 500 $ de requalification. On accompagne par des parcours personnalisés avec des formations de courtes durées. Au 26 février, on avait 9429 participants », a-t-il expliqué.

Au total, plus de 68 % des participants ont leur niveau secondaire et 32 % leur niveau collégial. Un inscrit sur cinq est une personne immigrante.

Pour Mircea Vultur, spécialiste du travail à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), le programme actuel du gouvernement est bien adapté au contexte économique, qui change très rapidement.

« C’est un bon programme de requalification. Les perspectives à long terme sont hasardeuses, alors mieux vaut y aller pas à pas », conclut le chercheur.


En novembre dernier, plus de 305 400 chômeurs n’arrivaient pas encore à dénicher un emploi malgré les 146 420 postes à pourvoir au Québec.

Le top 10 des emplois en demande au Québec   

1. Techniciens en génie civil | Salaire moyen : 60 060 $

2. Techniciens de réseau informatique | Salaire moyen : 56 420 $

3. Infirmières psychiatriques | Salaire moyen : 63 700 $

4. Ingénieurs électriciens et électroniciens | Salaire moyen: 83 720 $

5. Développeurs en médias interactifs | Salaire moyen : 65 520 $

6. Aides-infirmières et préposés aux bénéficiaires | Salaire moyen : 36 400 $- 49 000 $

7. Éducateurs de la petite enfance | Salaire moyen : 38 220 $

8. Charpentiers-menuisiers | Salaire moyen : 54 600 $

9. Ingénieurs informaticiens | Salaire moyen : 83 720 $

10. Soudeurs | Salaire moyen : 43 680 $

Source : ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale