/news/coronavirus

Le port du masque exigé chez le dentiste

Le Dr William Déry, du Carrefour Dentaire de Montréal, demande de rendre obligatoire la présentation d’une preuve médicale qui permet de ne pas porter de masque.

Photo Francis Pilon

Le Dr William Déry, du Carrefour Dentaire de Montréal, demande de rendre obligatoire la présentation d’une preuve médicale qui permet de ne pas porter de masque.

Un dentiste de Montréal demande au gouvernement de rendre obligatoire la présentation d’une preuve pour profiter d’une exemption médicale afin de ne pas porter de masque dans les lieux fermés.

Le Dr William Déry, propriétaire du Carrefour Dentaire de Montréal, est engagé dans un bras de fer avec une patiente depuis janvier.

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus

La dame a pris un rendez-vous dans sa clinique d’urgence et a été informée des règles sanitaires de l’établissement, dont l’obligation de porter un couvre-visage.

« Malgré ça, elle est entrée ici sans masque. Elle a dit qu’elle avait une exemption médicale qui lui permettait de ne pas en porter et qu’elle n’avait pas à nous montrer de billet de médecin pour le prouver », raconte avec consternation le dentiste qui a plus de 40 ans de métier.

Son équipe a donc refusé de soigner la patiente entêtée, qui est finalement retournée chez elle.

Un tweet dénoncé

Le syndicat de l’Ordre des dentistes du Québec lui a ensuite confirmé que la dame était dans son droit de ne pas présenter de preuve d’exemption médicale qui explique son refus de porter un masque.

C’est à ce moment que les bras du Dr Déry sont tombés.

Selon lui, le comportement de la femme est surtout motivé par un message du gouvernement du Québec sur Twitter remontant à août 2020.

Dans cette publication, on peut lire qu’une personne exemptée du port du masque n’a pas à présenter une preuve comme un billet du médecin pour justifier sa condition.

Le dentiste demande maintenant à Québec de corriger ce qu’il qualifie d’incongruité dans la loi obligeant le port du couvre-visage.

« La patiente était normale, assure le Dr Déry. Elle n’avait absolument rien qui justifiait qu’elle ne puisse pas porter le masque. [...] Elle mettait tous mes patients en danger en refusant le couvre-visage sans preuve d’exemption médicale. »

Si elle avait présenté un billet de médecin, il assure qu’il aurait soigné la patiente. 

Une plainte déposée

La patiente n’avait pas dit son dernier mot.  

Elle lui a envoyé une lettre dans laquelle elle confirme qu’une plainte contre le Carrefour Dentaire sera déposée à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

« Je suis prêt à défier la loi et refuser encore des clients sans masque s’ils n’ont pas d’exemption médicale comme preuve. J’en demande davantage à la loi. Je trouve que c’est une incohérence », exprime le Dr Déry. 

Depuis le début de la pandémie, la CDPDJ indique au Journal avoir reçu 116 plaintes concernant le port du masque. 

« À l’exception de quatre dossiers, toutes ces plaintes concernent une condition médicale qui n’a pas été respectée », souligne la porte-parole de l’organisme, Meissoon Azzaria.