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Plus de 20 000 commandes de repas en une semaine pour Ma cabane à la maison

Photo Agence QMI, Geneviève Quessy

Les propriétaires de cabanes à sucre n'hésitent pas à parler de succès et à dire qu'ils pourraient être sauvés par le projet Ma cabane à la maison lancé la semaine dernière.

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L’initiative semble en effet avoir l'appui du public avec plus de 20 000 commandes de repas reçues au cours de ses sept premiers jours d’opération.

«La saison n'est même pas commencée, et c'est déjà en train de nous sauver. Depuis un an, on a eu que des pertes, sans aucune aide. C'est vraiment une lueur d'espoir», témoigne Chantal Lampron, copropriétaire du Chalet des érables, à Sainte-Anne-des-Plaines.

À quelques jours de la saison officielle, qui se situe normalement du 15 mars au 15 avril, les propriétaires de cabanes à sucre ressentent cet engouement pour le nouveau programme comme un appui manifeste de la part de la population. Les boites-repas à réchauffer, commandées à la cabane à sucre de leur choix sur le site de Ma cabane à la maison, remportent donc un succès inespéré.

Le Chalet des érables est devenu le quartier général du projet. Sylvain Lahaie, propriétaire du Chalet du Ruisseau, à Mirabel, est allé y chercher des boites et des contenants au logo de Ma cabane à la maison, qu'il remplira ensuite avec son menu.

«Je suis surpris des résultats, je ne m'attendais pas à ça. On a des commandes tous les jours. C'est une plateforme qui marche super bien.»

M. Lahaie envisage d'ailleurs d’offrir des repas toute l'année par le biais de Ma cabane à la maison, sur des thèmes saisonniers.

Geneviève Quessy/ AGENCE QMI

Selon Stéphanie Laurin, copropriétaire du Chalet des érables et porte-parole de Ma cabane à la maison, cette initiative pourrait sauver la plupart des cabanes à sucre.

«Nous sommes 200 propriétaires de cabanes à sucre avec salles à manger. Là dessus, une quarantaine ont fait faillite, d'autres sont à vendre ou ne voulaient plus ouvrir leurs salles à manger, alors si ça peut sauver les 70 cabanes qui participent, on sera très heureux.»

C'est l'agence de marketing Prospek qui l'a d'abord contactée en vue de trouver une solution pour sauver la tradition du temps des sucres, raconte Mme Laurin, également présidente de l'Association des salles de réception et érablières du Québec.

«Je me suis vraiment demandé s'il y avait anguille sous roche, mais finalement non! Puis une quinzaine d'entreprises se sont jointes au projet bénévolement, et maintenant le gouvernement vient d'octroyer 50 000 $. On est vraiment touchés de voir une réponse aussi positive de la part des Québécois.»

Même si la majorité des 7400 entreprises acéricoles ont eu une excellente année, ce n'est pas du tout le cas pour les 200 propriétaires de cabanes à sucre avec salles à manger, dont le sirop est exclusivement écoulé sur place, explique Mme Laurin.

«On est importants. C'est nous qui perpétuons la tradition de se réunir à la cabane. Je n'aurais jamais cru avoir à travailler à sauver ce patrimoine. Il faudra s'asseoir tous ensemble après la saison pour y réfléchir sérieusement.»

Sa mère, Chantal Lampron, voit des aspects positifs à la situation.

«Ma famille a fondé le Chalet des érables en 1948 et j'ai vu mes grands-parents y travailler. Malgré qu'on a perdu des centaines de milliers de dollars cette année, je pense que le COVID nous aura amenés ailleurs. C'est une autre façon de voir le temps des sucres avec ce projet. On assiste à la naissance de quelque chose de nouveau qui apportera peut-être du bon. L'avenir nous le dira.»