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Violence conjugale: «il n’y a rien de viril à être violent avec une femme», lance Legault aux hommes

Le premier ministre François Legault a livré un vibrant plaidoyer contre la violence faite aux femmes en faisant appel au sens du devoir des hommes, au surlendemain du meurtre de deux femmes dans les Laurentides.

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«J’ai le gout de parler aux hommes, d’homme à homme: il n’y a rien de masculin, il n’y a rien de viril à être violent avec une femme. Au contraire, je trouve ça lâche», a-t-il déclaré, visiblement ému, avant d’entamer l’annonce des mesures sanitaires dans plusieurs régions, mercredi.

«Ça n’a pas de bon sens, qu’en 2021, on vive comme des barbares, a-t-il ajouté. On est dans une société civilisée, pis toutes les femmes et tous nos enfants ont droit à un milieu [sécuritaire].»

Le Québec a de nouveau été secoué par un drame conjugal lundi soir. Un homme violent aurait assassiné son ex-conjointe et la mère de celle-ci à coups de hache, à Sainte-Sophie, avant de tenter de se suicider avec sa voiture.

Photo Courtoisie

En mars 2020, le gouvernement Legault s'était engagé à verser 120 millions$ d'ici cinq ans au réseau des maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence, dont 24 millions à court terme, pour répondre aux besoins urgents.

«Espérons [qu'avec] les mesures qu’on met en place pour les centres d’hébergement, que la situation enfin s’améliore», a ainsi conclu François Legault, mercredi.

Or, en novembre dernier, il avait été interpellé au Salon bleu par la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, qui dénonçait le fait que les sommes annoncées en mars n’avaient toujours pas été déboursées.

Le parti d’opposition en a rajouté mercredi lorsque sa députée, Christine Labrie, a reproché au gouvernement Legault de tarder à mettre en place des solutions pour contrer la violence conjugale au surlendemain du drame.

Photo AGENCE QMI, Maxime Deland

«Cinq féminicides en moins d'un mois, c'est un signal d'alarme que le gouvernement ne peut plus ignorer, a-t-elle dénoncé par communiqué. On a besoin d’augmenter les services pour les victimes, et aussi pour les auteurs de violence.»

«Les solutions pour réduire les violences faites aux femmes sont connues, mais on manque de fonds pour les mettre en œuvre», a ajouté la responsable solidaire du dossier de la condition féminine.

Pascal Girard/AGENCE QMI

Manque de places

Chaque année, plus de 10 000 femmes ne trouvent pas de place immédiate dans les maisons d'hébergement. Or, les sommes annoncées l'année dernière par le gouvernement Legault pour les organismes qui œuvrent auprès des victimes «arrivent à peine à éviter les ruptures de service», a-t-elle affirmé.

«En attendant, des femmes continuent de subir de la violence et même de perdre la vie», a ajouté Christine Labrie.

Cette dernière avance trois solutions pour contrer les violences conjugales: augmenter rapidement le nombre de places disponibles dans les ressources d'hébergement, financer le développement de logements abordables et mettre sur pied une ligne provinciale de référence pour les auteurs de violence.