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Bombardier: regagner la confiance des investisseurs

C'était la journée des investisseurs chez Bombardier, ce jeudi. L'occasion pour TVA Nouvelles d'interroger son PDG, Éric Martel, qui revient sur les derniers investissements et projets de l'entreprise.

«Depuis que vous êtes chez Bombardier, il y a eu tellement de choses qui ont changé. Qu'est-ce qui reste du Bombardier qu'on connaissait?»

Aujourd'hui, ce qui reste chez Bombardier, c'est la division des avions d'affaires, qui est une grande division de Bombardier, qui a eu beaucoup de succès dans le passé et qui va continuer d'avoir du succès. On est à un chiffre d'affaires qui va être aux alentours de 6 milliards de dollars US cette année, ce qui veut dire presque 8 milliards de dollars canadiens. 

On demeure une très grande entreprise au niveau du Québec avec environ 7000 employés au Québec, dans nos usines de Saint-Laurent et de Dorval.

«On sait que Bombardier est un fleuron québécois. Tout le monde y est très attaché, mais on l’a vu s'effriter au fil des années (...) Qu'est-ce qui reste de québécois dans cette entreprise?»

En fait, la majorité de ce qui reste dans l'entreprise est québécoise. Sur nos 13 000 employés, 7000 sont localisés ici. On produit aujourd'hui deux avions, le Global, qui a trois modèles et deux du Challenger. 

Le Challenger est 100% fabriqué ici à Montréal. Le Global est fabriqué une partie à Toronto, mais toute la finition des intérieurs est faite à Montréal.

«On sait que Bombardier avait de grandes ambitions, mais a raté des cibles de développement, de performances économiques, si bien que l'action ne vaut plus que 60 cents maintenant. Comment doit-on percevoir ça?»

Je pense qu'on a beaucoup déçu les marchés, vous avez absolument raison (...) Je pense que ce matin, on a présenté un plan que j'appellerais: «on tourne la page». On connaît très, très bien la business dans lequel on va demeurer. C'est un plan réaliste aussi. Ce n’est pas un plan où on s'engage à faire des choses impossibles. 

On veut grossir notre business d'avions, mais aussi toute notre business de services après-vente, qui est très lucrative pour nous. Vous savez, on a 5000 avions qui volent dans le monde aujourd'hui, et bien, on veut faire plus de maintenance sur ces avions-là.

On a aussi sorti le programme Global 5500, qui est - et ça, les Québécois doivent en être fiers - l'avion le plus performant qui existe au monde de tous les avions d'affaires, en termes de sa capacité, de sa vitesse, des distances qu'il peut parcourir. 

On a livré, l'an passé, 35-40 appareils en moyenne. C'est ce qu'on planifie toujours de produire.

«Comment les investisseurs voient ça? Quelle crédibilité accordent-ils maintenant à Bombardier, après tout ce qu'on s'est dit et tout ce que vous leur proposez? Parce que non seulement vous promettez d'arriver avec des surplus au cours des prochaines années, mais d'en faire une entreprise profitable nettement.»

On va commencer à devenir profitable dès cette année, on est confortable avec cet engagement-là. Je pense que la preuve va être dans les résultats que l'on donne. 

Aujourd'hui, on a annoncé nos couleurs, notre stratégie pour les cinq prochaines années. Je comprends que ça a été quand même, pour les premiers échos que j'ai eus, assez bien reçu. Mais ce qui va être important, ça va être de livrer la marchandise. C'est en faisant des petits pas comme ça (...) qu'on va reconstruire la crédibilité de notre entreprise.

«On sait que les gouvernements ont ouvert les goussets au fil des années. Est-ce qu'il y a encore une participation du gouvernement ou de la Caisse de dépôt dans Bombardier?»

Pas présentement. La participation de la Caisse de dépôt était dans la partie de Transport. Alors, en ce moment, ils sont actionnaires de Alstom, à qui on a vendu la division Transport. 

Et du côté de l'investissement qui avait été fait pour le gouvernement du Québec dernièrement, c'était surtout sur le CSeries, qui s'appelle maintenant le A220, et ça c'est avec Airbus. Dans les avions d'affaires, la réponse à votre question, c'est non.

«On voit que toutes les compagnies aériennes ont des difficultés. Comment pouvez-vous espérer relancer véritablement les jets d'affaires?»

C'est une bonne question parce que les lignes aériennes volent présentement à peu près à 40% de ce qu'ils volaient avant la COVID. Nous, les avions d'affaires, on est déjà à 88-89-90%, et ça, c'est sans que les frontières soient ouvertes. Alors, il y a beaucoup de vols qui se font. 

Un des aspects positifs de la crise sur notre entreprise, c’est que les gens voient les avions d'affaires comme un moyen plus sécuritaire pour préserver leur santé de voyager. Il y a beaucoup de monde sur la planète qui a les moyens de voyager en avions d'affaires et qui vont se l'offrir de plus en plus.