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Briser les mythes autour des trains

FD-ACCIDENT TRAIN PIETON

Erik Peters / Agence QMI

Suite à l’accident de train mortel qui a coûté la vie d’un homme et de son chien mercredi soir à Montréal, des experts en profitent pour déboulonner certains mythes entourant ces engins qui peuvent être très dangereux.

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Mercredi soir vers 22 h, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été appelé pour signaler qu’un homme venait d’être heurté par un train, au coin de la 81e Avenue et l’avenue Victoria, dans le quartier de Pointe-aux-Trembles.

Selon nos informations, l’homme âgé de 18 ans était au téléphone, et quand il a vu que les barrières de sécurité descendaient, signe du passage d’un train, il aurait vraisemblablement décidé de traverser la voie ferrée au passage à niveau en courant avant que le train ne passe, et se serait fait frapper.

Selon le porte-parole du SPVM, Raphaël Bergeron, une enquête est toujours en cours pour déterminer les circonstances de la collision mortelle.

Beaucoup de changements

Pour Jean-Guy DuSablon, coordonnateur régional de l’est du Canada pour Opération Gareautrain, il reste malheureusement encore beaucoup de mythes autour des trains qui font en sorte que les citoyens ne se sentent pas forcément en danger. 

« Les gens pensent encore que les trains sont gros, lents et bruyants, mais avec les nouvelles technologies, c’est très différent de ce que c’était dans les dernières décennies », soutient-il.

Impossible de s’arrêter

De son côté, Jean-Michel Hallé, président général des Lignes de l’Est pour la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada, rappelle qu’un train peut avoir besoin de centaines de mètres pour s’arrêter.

« Même si on voit une personne sur les rails, il est presque impossible de s’arrêter avant. Ce n’est pas comme une voiture, ça ne s’arrête pas sur un dix sous et ça ne pardonne pas non plus », soutient-il. 

Chaque année, une centaine d’accidents mortels ou graves ont lieu au Canada. 

« Les statistiques restent trop élevées chaque année, et ça a aussi un impact sur nos membres », ajoute M. Hallé.

La situation est en effet difficile pour les opérateurs de locomotive qui sont très souvent les premiers répondants sur les lieux des accidents. Ils développent parfois des diagnostics de stress post-traumatique, affirme-t-il.

Selon une étude menée en 2015 par des chercheurs de l’UQAM, « en 20 ans de carrière, 65 % des opérateurs et chefs de train seront confrontés à un événement tragique ».