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COVID-19: le visage transformé de l’école au Québec

En mars 2020, le premier ministre François Legault et son ministre de l'Éducation Jean-François Roberge annoncent la fermeture des écoles. La première d'une série de décisions qui vont transformer le monde de l'éducation. 

En renvoyant à la maison près de 2 millions d'élèves et d'étudiants, les Québécois prennent la mesure de l'ampleur de la crise qui s'installe chez nous. Après un an de pandémie, le visage de l'enseignement a changé tout comme la vie à l'intérieur des écoles.

«Le premier grand coup quand on s'est rendu compte qu'on faisait face à une pandémie mondiale... grand vertige», déclare d’emblée M. Roberge.

Le choc a été tout aussi important dans le milieu scolaire.

«En mars dernier, moi j'ai eu un choc. J'ai eu un énorme choc qui m'a fait très peur. Le lien a été coupé trop rapidement. Ça a été un tsunami. ''Bang'', pu d'élèves», s’exclame Esther Giroux, enseignante de français en 2e secondaire à la Polyvalente de Charlesbourg.

«C’est un choc, parce que c’était nouveau pour tout le monde, pour l’ensemble de la société, pour nos écoles également, indique pour sa part Marc-André Brassard, directeur de l’école La Ribambelle. Il n’y a pas un gestionnaire d'établissement scolaire qui était prêt à ça.

Initialement, la fermeture annoncée par le gouvernement devait durer que deux semaines.

«Un ministre de l'Éducation qui ferme les écoles c'est complètement contre nature. C'est la dernière chose qu'on veut faire comme père, comme enseignant, comme ministre de l'Éducation», raconte Jean-François Roberge.

«Mais on doit protéger la santé des élèves, du personnel, de tous les Québécois. C'est une décision qui s'impose, mais c'est une décision qui met tout le monde mal à l'aise au gouvernement», ajoute-t-il.

Après le choc, place à l’action. Tout le monde passe en mode solution pour tenter d'organiser l'école à distance. Et de son propre aveu, M. Roberge reconnaît que le système d’éducation du Québec n’était pas là, comme c’était le cas ailleurs en Amérique. 

«On entrait dans l'inconnu et on allait apprendre à s'adapter. On allait apprendre à faire l'école à la maison, mais on n’était pas là», dit-il.

Or, l’accès aux ressources technologiques fait défaut. La confusion s’installe. 

Et le ministre encaisse un autre coup dur quand la santé publique lui refuse de permettre aux enseignants et aux élèves d’aller récupérer leurs outils pédagogiques et leurs effets personnels.

Une réalité difficile pour les enseignants qui pataugeaient dans l’inconnu. 

«Je me suis inquiétée des élèves que je n'arrivais pas à rejoindre, qu'est-ce qu'ils font, qu'est-ce qu'il fait? Qu'est-ce qui arrive? C'est beau on garde le contact on appelle à la maison on ne parle pas nécessairement à l'enfant non plus. Ça, c’est le côté que j'ai trouvé difficile», explique Sylvie Grenier, enseignante de 6e année à l’école de la Ribambelle.

Après une fin d’année scolaire chaotique, Québec doit maintenant penser à la rentrée d’automne. Une priorité pour le gouvernement qui s’entêtera dans les mois qui suivront à maintenir les écoles ouvertes autant que possible.

Des mesures et des protocoles sanitaires stricts viendront changer le visage des écoles tel qu’on le connaissait : désinfectant, masque, distanciation, bulle dans les classes, etc. 

Malgré tout, entre la rentrée d'automne 2020 et le congé des Fêtes, plus de 21 000 élèves et membres du personnel ont contracté la COVID-19. Depuis le début 2021, un peu plus d'une école sur 2 a eu au moins 1 cas dans son établissement. Les fermetures de classes et d’établissement se sont multipliées. 

«Le plus grand défi, je vous dirais que c’est les bulles. Les enfants, à un moment donné, il l’oublie, soutient Dominic Auger, éducateur en service de garde à l’école de la Ribambelle.

Douze mois se sont écoulés depuis que la crise de la COVID-19 a ébranlé le monde de l'éducation. Et les enfants eux, n'en ont pas fini avec les changements et l'adaptation. 

Après les écoles secondaires, les cégeps et les universités, le masque de procédure fera son entrée dans les écoles primaires situées en zone rouge, au retour de la semaine de relâche. Un changement majeur pour les plus jeunes.