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Une troisième vague guette le Grand Montréal en cas de relâchement

La possibilité d’une troisième vague est réelle dans le Grand Montréal si la population ne respecte pas à la lettre les mesures sanitaires, et ce, malgré les progrès de la vaccination.

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Des projections de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) dévoilées jeudi révèlent à quel point la situation reste fragile dans la région métropolitaine.

Le statut de «zone rouge» de la région sera maintenu au-delà du 8 mars, moment où le reste du Québec tombera en «zone orange», a annoncé le premier ministre, François Legault, mercredi, en qualifiant de «critiques» les semaines à venir.

«Tandis que le variant plus transmissible se répand et pourrait devenir prédominant dans le Grand Montréal, un retard dans la vaccination de quelques semaines jumelé à une hausse des contacts pourrait occasionner une augmentation importante des cas, des hospitalisations et des décès», a indiqué l’INSPQ jeudi.

La vaccination insuffisante    

Cette augmentation des cas reliés aux variants de la COVID-19, qui pourraient devenir les souches dominantes du virus dans la région ce printemps, serait d’abord détectée en premier chez les 6-17 ans en raison des contacts scolaires, précise l’Institut.

D’ici le mois de mai, la vaccination des personnes de plus de 70 ans et des travailleurs de la santé serait alors insuffisante pour maîtriser une telle flambée puisque ces groupes représentent moins de 20 % de la population.

Dans un autre scénario envisagé par l’INSPQ, une «adhésion moyenne» aux consignes sanitaires ne serait pas non plus suffisante pour maîtriser la propagation d’un nouveau variant et pourrait occasionner une augmentation rapide des cas de COVID-19.

La hausse du nombre d'hospitalisations et de décès serait toutefois ralentie par la vaccination des groupes les plus vulnérables.

Dans les autres régions du Québec, l’INSPQ entrevoit une progression moins rapide des variants puisque la transmission communautaire y est faible.

Toutefois, une augmentation rapide des cas reliés à un variant plus transmissible pourrait également être observée s’il y a relâchement dans la population à la suite des assouplissements annoncés par le gouvernement mercredi.

Les hospitalisations concentrées à Montréal    

La grande majorité des nouvelles hospitalisations dues à la COVID-19 sera concentrée dans le Grand Montréal dans les prochaines semaines.

C’est ce qu’indiquent de nouvelles projections de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) publiées jeudi.

Depuis plusieurs mois, cet organisme compile différents chiffres, dont le nombre de nouveaux cas de COVID-19 et le profil des individus infectés, afin d’anticiper combien d’entre eux risquent d'être hospitalisés dans les prochaines semaines.

Après avoir connu une baisse constante ces dernières semaines, le nombre de nouvelles hospitalisations quotidiennes risque maintenant de se stabiliser pour les trois à quatre prochaines semaines, prévoit ainsi l’INESSS.

«Comme les semaines précédentes, la majorité des hospitalisations anticipées (86 %) le sont pour des résidents de Montréal et des régions avoisinantes», a-t-on également précisé.

Malgré tout, les hôpitaux ne risquent pas de déborder dans la région métropolitaine puisque seulement le tiers des lits de soins réguliers et la moitié des lits de soins intensifs désignés pour les patients COVID-19 sont occupés, indique l’INESSS.

«Au-delà de cette période, l'évolution de cette tendance pourrait être différente avec une présence croissante de variants plus contagieux ou plus virulents», a ajouté l’organisme.

Pour le reste de la province qui passera en zone orange à compter du 8 mars prochain, un dépassement des capacités hospitalières au cours des trois prochaines semaines est carrément jugé «improbable».

Seulement 14 % des lits réguliers et 8 % des lits de soins intensifs désignés pour les patients COVID-19 y sont présentement occupés.