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Transferts en santé: les provinces réclament une hausse «immédiate»

François Legault et ses homologues des autres provinces réclament une augmentation massive et «immédiate» des transferts en santé du fédéral, faisant graduellement passer ceux-ci des 42 milliards $ actuels à 70 milliards $.

«C’est plus le temps des beaux discours, c’est le temps d’agir», a lancé François Legault en ouverture d’une conférence de presse conjointe avec six autres premiers ministres provinciaux, jeudi après-midi.

C’est à l’unisson que ceux-ci ont accusé Ottawa de traîner la patte en matière de transferts fédéraux pour les coûts de la santé, qui ont explosé depuis le début de la pandémie de COVID-19.

«Les premiers ministres pressent le gouvernement fédéral d’accroître immédiatement sa contribution aux coûts des soins de santé en la faisant passer de 22 % à 35 % des dépenses de santé des provinces et des territoires, représentant une augmentation de 28 milliards $, passant alors de 42 à 70 milliards $, et de la maintenir à ce niveau au fil du temps à l’aide d’un taux de croissance annuel minimal de 5 %», est-il détaillé dans un communiqué de presse conjoint.

Alors que les coûts en santé augmentent de 5 % par année, le fédéral accroît sa contribution annuelle à hauteur de 3 %. Le fardeau des provinces augmente donc tranquillement, mais sûrement, année après année.

Actuellement, les provinces paient 78 % des coûts de santé.

Une vieille histoire 

Ce n’est pas la première fois que les premiers ministres font connaître leurs demandes: au contraire, il s’agit d’un thème récurrent dans les relations provinciales-fédérales.

La dernière rencontre à ce sujet remonte au mois de décembre, une première rencontre de ce genre en 16 ans, réclamée par les premiers ministres provinciaux pour faire valoir leur point.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a indiqué jeudi qu’«à la rencontre des premiers ministres, nous avons accepté qu’il y [ait] une augmentation des transferts en santé et nous allons continuer de travailler avec tous les premiers ministres pour que les Canadiens reçoivent le support dont ils ont besoin».

Le gouvernement de Justin Trudeau avait tenté d’attacher des conditions aux augmentations de ces transferts, mais M. Legault et ses comparses ont martelé que la santé est une compétence provinciale, et que ces fonds ne devraient être attachés à aucune condition.

«C’est un problème qui peut sembler technique pour plusieurs personnes», mais qui est très important pour la santé financière des provinces, a précisé M. Legault.

«Une fois la pandémie terminée, la situation financière du gouvernement fédéral devrait s'améliorer rapidement, contrairement à la situation combinée des provinces et des territoires, qui devrait continuer à se détériorer en raison de pressions financières importantes sur les systèmes de santé», a déclaré François Legault, qui est aussi l’actuel président du Conseil de la fédération.

L'opposition largement en accord 

Le chef conservateur Erin O’Toole s’est engagé à «tenir une rencontre sur les transferts en santé, lesquels seraient effectués sans condition, dans les 100 premiers jours d’un gouvernement conservateur».

Comme l’a rappelé sur Twitter le seul député néodémocrate au Québec, Alexandre Boulerice, le NPD considère de son côté que «le fédéral doit faire sa juste part» pour le système de santé public des provinces.

La demande est aussi, depuis longtemps, portée par le Bloc québécois.