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Réouverture lundi: un délai trop court pour les restaurateurs?

Le changement de palier d'alerte pour la Mauricie-Centre-du-Québec ne laisse aucun restaurateur indifférent. Ils sont soulagés, surpris et ravis, et ce, même s'ils ont tout un défi logistique à accomplir.

«J'étais agréablement surpris et quelques secondes après, ça s'est mis à rouler dans ma tête! Puis les textos, les appels et les courriels ont commencé à rentrer dans mon cellulaire. Honnêtement, je m'attendais au 15 ou au 22 mars [pour le changement de palier]. Donc, ça chambarde les choses!» a relaté jeudi le copropriétaire du restaurant Le Saint-Antoine, Philip Thomlinson.

Il a dit à TVA Nouvelles qu’il était censé partir pour quelques jours en famille à Québec, jeudi, mais les plans ont changé dans les circonstances.

«On a tout annulé, je dois travailler! C'est extrêmement rapide, mais on va se retrousser les manches et il y a 24 heures dans une journée, alors les gens du milieu n'auront pas des journées de huit heures de travail. On va devoir travailler sans arrêt pour être capables de faire quelque chose et être prêts à accueillir notre clientèle», a-t-il ajouté.

La presque totalité des restaurateurs rencontrés par TVA Nouvelles ont admis qu'ils ne seront pas en mesure d'ouvrir leurs portes le 8 mars. Le délai est trop court pour la tâche à accomplir. Dès les premières minutes après l'annonce, l'encre des crayons a coulé et les téléphones ont commencé à sonner.

«On a eu des réservations hier soir! Dès l'annonce, on a eu plusieurs messages pour réserver! Nous sommes vraiment fébriles et on a hâte de revoir notre clientèle installée à nos tables», a souligné la propriétaire du restaurant La Binerie Chik, Valérie Côté.

«On doit réorganiser la salle à manger en fonction des nouvelles règles gouvernementales, on doit recommander nos produits et aliments, on doit rappeler des employés et, au niveau de la brasserie, on va devoir remettre de la bière en fut. Donc, il y a plusieurs étapes nécessaires pour être prêts à recevoir nos clients», a indiqué le directeur marketing à la Microbrasserie Le Temps d'une Pinte, Mathieu Martin.

Hausse des prix chez les fournisseurs

En Mauricie et partout au Québec, ils sont actuellement des milliers de restaurateurs à appeler les fournisseurs alimentaires. Cette affluence engendre une augmentation des prix et un effet de rareté pour certains produits.

«Nous sommes super heureux, mais en même temps on vient de tomber très pressés dans le temps. Alors on passe nos commandes et on espère tout recevoir à temps! Puis, en ce moment, lorsqu'on passe nos commandes, les fournisseurs nous disent de nous dépêcher, parce qu'ils pourraient manquer des produits», a dit le copropriétaire du restaurant La Maison de Débauche, Dany Bruneau.

«Les augmentations de prix sont bien réelles. Par exemple, un contenant d'huile de canola pouvait coûter 18 $ et là il est à 24 $», a lancé Mme Côté.

Registre obligatoire

La réservation sera obligatoire et un registre de la clientèle devra être tenu. Seuls les clients avec preuve de résidence dans une région dont le palier d'alerte est orange auront accès à une table. La situation devient particulière pour les complexes hôteliers.

«Notre défi est différent de nos collègues restaurateurs puisque nous avons déjà toutes les informations de nos clients. Par contre, environ quatre millions de la population qui va être encore en zone rouge. Donc, ça représente une grande proportion de la population qui voyage à l'intérieur du Québec, et ce, même si les déplacements sont non recommandés. Donc, c'est à ce niveau-là que ça devient plus complexe et difficile à évaluer. Pour l'instant, on va continuer les mets livrés à la chambre», a expliqué la Vice-présidente et directrice générale chez Auberge Godefroy, Marie-Ève Boisclair.

Le compte à rebours est commencé pour tous ces gestionnaires et entrepreneurs. Ils comptent être prêts à offrir un environnement sécuritaire, pour surtout éviter une nouvelle fermeture.