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Ruiné par le jeu en ligne

Ace of spades card using vacuum cleaner to suck up dollar bill from gambler.

Illustration Adobe Stock

Durant le premier confinement, l’employeur d’Alexandre a suspendu ses activités pendant trois mois, ce qui a entraîné une baisse de ses revenus. 

Ne sachant que faire de ses journées, il a beaucoup joué en ligne, accroissant encore son endettement. Ayant atteint la limite sur ses cartes de crédit (25 000 $), il s’est résolu à emprunter 5000 $ à un prêteur privé qui prête à des taux d’intérêt de 29 %. Comme la plupart des joueurs compulsifs, Alexandre croit que cette somme lui permettra de faire des gains et de récupérer ses pertes, mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire. Et avec les taux d’intérêt très élevés, sa dette a continué de grimper à un rythme préoccupant.

Ses difficultés ne s’arrêtent pas là, puisqu’il est aussi en plein processus de séparation. Son ex-conjointe lui a d’ailleurs demandé de quitter leur appartement dans les deux mois et de se reloger ailleurs. Désormais, il devra assumer seul toutes les dépenses courantes, en plus de rembourser ses dettes. Pour Alexandre, c’est l’impasse.

Trop de dettes de jeu

Son employeur ayant rouvert ses portes, le journalier a pu retrouver son emploi et son salaire. Il gagne 2 150 $ par mois, mais doit consacrer 600 $ au remboursement de ses dettes. À cela s’ajoute le loyer qu’il devra verser pour son nouvel appartement, le paiement des factures d’électricité et de téléphone, ainsi que les coûts reliés à son automobile. Au total, cela représente 2 400 $, autrement dit un manque à gagner de 250 $ par rapport à ses revenus. La seule solution pour s’en sortir : réduire les paiements mensuels de ses dettes. Ne sachant quelles possibilités s’offrent à lui ni quelle stratégie adopter, il est allé consulter la firme de syndic autorisé Raymond Chabot.

Après avoir fait le bilan de ses dettes et de ses actifs, Nathalie Turcotte, conseillère principale en redressement financier, a établi un budget pour évaluer les dépenses futures d’Alexandre lorsqu’il sera séparé et devra assumer seul tous les coûts. Elle lui explique que pour réduire ou éliminer ses dettes et dégager la marge de manœuvre nécessaire dans son budget, il devra faire faillite ou opter pour une proposition de consommateur.

Une proposition pour s’en sortir

Alexandre voulait à tout prix conserver sa voiture. 

« Il travaille de nuit et il a besoin d’un véhicule pour faciliter ses déplacements », dit la conseillère. 

Son auto est entièrement payée et a une valeur marchande de 5000 $. Par conséquent dans le cadre d’une faillite, il faudrait probablement la vendre afin de rembourser partiellement les créanciers, ou encore leur proposer un montant afin de pouvoir la « racheter ».

Alexandre préférant éviter une faillite, il a donc préféré se tourner vers la proposition de consommateur. 

« Nous avons proposé aux créanciers des versements mensuels de 225 $ pendant 60 mois, ce qu’ils ont accepté », indique Nathalie Turcotte. Alexandre remboursera donc un peu moins que la moitié de ses dettes qui s’élèvent à 30 000 $, mais cela reste tout de même un compromis acceptable pour ses débiteurs, puisqu’ils obtiennent davantage que ce à quoi ils auraient pu prétendre dans le cadre d’une faillite.

Son dossier de crédit sera entaché pendant une longue période. Ainsi, il comportera la cote R-9 – la pire – pendant toute la durée du remboursement de la proposition (cinq ans), puis la cote R-7 durant trois ans par la suite.

Compte tenu de son problème de dépendance au jeu en ligne, il était clair qu’Alexandre risquait de s’endetter à nouveau. C’est pourquoi Nathalie Turcotte en a discuté avec lui et l’a dirigé vers des ressources d’aide pour éviter qu’il ne retombe sous l’emprise de ses vieux démons. 

Sa situation financière 

ACTIFS : 

Véhicule Toyota Corolla 2010 : valeur de 5000 $  


DETTES DE CONSOMMATION : 

Cartes de crédit : 25 000 $ 

Prêt société de crédit : 5000 $  

Total des dettes de consommation : 30 000 $


REVENUS NETS MENSUELS 

Revenus d’emploi : 2150 $  

Total des revenus : 2150 $


DÉPENSES MENSUELLES 

2400 $ (incluant loyer, remboursement des prêts et cartes de crédit, etc.)