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Appel à la grève des femmes, «premières de corvées» de la crise

Mother holding baby and working at her computer

Burlingham - stock.adobe.com

«Sans les femmes, le monde s'arrête»: des associations et militantes ont appelé lundi à une «grève féministe» et des manifestations dans toute la France à l'occasion du 8 mars pour dénoncer les injustices subies par les femmes, accentuées par la crise sanitaire.

Pour la Journée internationale des droits des femmes, date symbolique officialisée en 1977 par l'ONU, 37 organisations syndicales, féministes et politiques ont lancé un mouvement unitaire pour «mettre fin aux discriminations et aux violences sexistes et sexuelles» subies par celles qu'elles ont rebaptisées les «premières de corvées».

«Le 8 mars, nous serons en grève avec les femmes du monde entier pour refuser toutes et tous ensemble de payer le prix de la crise avec notre travail, notre salaire, notre corps», ont dit lundi ces organisations dont la FSU, la CGT, Solidaires, Osez le féminisme, le Planning familial, ou le Collectif national pour les droits des femmes.

Plusieurs rassemblements seront organisés dans toute la France.

Persistance des écarts de salaire, mise en lumière des métiers à prédominance féminine, conséquences psychologiques du confinement, hausse des violences intrafamiliales: ce 8 mars vient ponctuer la première année d'une crise sanitaire mondiale aux effets sans précédents.

«L'épidémie a mis en lumière que les femmes étaient au front, à travers différentes professions et aussi à la maison», estime Mireille Stivala du syndicat CGT.

«Revaloriser les salaires»

Dans un rare communiqué commun, sept grandes organisations syndicales ont réclamé l'ouverture de négociations pour «revaloriser les salaires des métiers à prédominance féminine».

Infirmières, aides-soignantes, aides à domicile, caissières, aides ménagères, garde d'enfants... Si les femmes représentent 70% des personnes en première ligne pendant la crise sanitaire, elles ne sont que 24% parmi les décideurs chargés d'en organiser les réponses, rappelle un sondage commandé par l'association Focus 30, citant des chiffres de l'ONG Care International.

En outre, selon cette enquête, plus d'une femme sur cinq (22%) a «souffert de stress émotionnel ou de problèmes psychologiques» depuis la crise, contre 14% des hommes.

Les femmes ont «tendance à davantage se saisir de l'opportunité du télétravail, comme ça elles n'ont pas à prendre quelqu'un pour garder les enfants après l'école, ça fait une économie. Mais cela peut poser un risque pour l'évaluation professionnelle ou les perspectives de promotion», explique à l'AFP Marie Mercat-Bruns, professeure de droit à Sciences Po Paris et chercheuse sur les questions de discrimination et de genre.

«La grève féministe c'est la grève du travail, dans le sens salarié, mais c'est aussi l'arrêt du travail invisible à la maison, pour dénoncer la charge mentale et les inégalités dans la répartition des tâches», souligne Murielle Guilbert du syndicat Solidaires.