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Il se croyait en droit de harceler son ex

Bloc Justice

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Un Torontois qui bombardait de messages son ex-copine et qui malgré ses refus a fait le trajet jusqu’à Montréal pour « discuter » avec elle a été déclaré coupable de harcèlement, même s’il se croyait en droit d’agir ainsi. 

« Même s’il se sentait trahi, la loi ne permet pas à un ex-amoureux méprisant de harceler une femme, en dépit des messages clairs et répétés qu’elle voulait être laissée tranquille », a rappelé le juge Dennis Galiatsatos en déclarant coupable Daniel William Genovese, cette semaine au palais de justice de Montréal.

C’est que Genovese un résident de Toronto âgé de 30 ans, digérait mal la rupture avec son ex-copine. Lors du procès, celle-ci avait expliqué que l’individu pouvait être agressif, violent et menaçant, et qu’elle avait de plus en plus peur pour sa sécurité au point de le quitter.

Peur

Genovese avait alors bombardé la femme de messages, et chaque fois qu’elle le bloquait, il trouvait une autre plateforme pour lui écrire.

« L’accusé a même envoyé des messages avec de fausses adresses courriel », a expliqué le juge.

Et comme la femme ne lui répondait pas, il a alors roulé 550km pour aller sonner chez elle, sans préavis, à deux reprises en février 2019. Sauf qu’à la seconde fois, le nouveau conjoint de la femme a appelé la police.

« À leur arrivée, l’accusé était face à la porte, il était très agressif, a résumé le juge. Dans le logement, la femme avait peur, elle tremblait. »

Pas justifié

Lors du procès, Genovese a nié avoir été violent avec la femme, mais avait reconnu l’avoir traitée de noms à quelques reprises. Il lui a également reproché de décider quand elle voulait coucher avec lui, semblant ainsi ignorer les principes les plus basiques du consentement. 

Il a ensuite reconnu les gestes qui lui étaient reprochés, niant toutefois qu’il s’agissait de harcèlement criminel. Mais le juge n’a pas été de son avis.

« Il se sentait tout bonnement justifié d’agir ainsi », a dit le magistrat en rappelant que ce n’était pas une défense en droit criminel, et qu’il était essentiel de protéger davantage les victimes d’ex-copains harcelants comme Genovese.

Déclaré coupable de harcèlement, le Torontois reviendra à la cour en mai, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.