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Une économie sous respirateurs artificiels

La pandémie de COVID-19 n’a pas eu que des répercussions sur la vie sociale de la population, elle a aussi grandement impacté l’économie canadienne et québécoise.

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Et pour une rare fois dans l’histoire, les gouvernements ont volontairement provoqué une récession pour protéger les citoyens.

Programmes d’aide pour les entreprises et les particuliers, taux de chômage historique et un endettement sans précédent pour les gouvernements, la pandémie a malmené l’économie.

«Je n’aurais pas pu inventer une récession avec une dynamique comme on a connu présentement. Ç’a été la pire récession de l’histoire moderne en termes de pertes d’activités économiques», souligne Stéphane Marion, économiste en chef de la Banque Nationale.

Même la Bourse de New York n’y échappera pas. En mars 2020, le Krash est majeur : en un mois la Bourse perd 30%.

Plus localement, ce sont les restaurants, les usines et les commerces qui ont écopé. Pour tenter de sauver des vies et limiter la propagation du virus, le gouvernement leur demande de fermer. On asphyxie volontairement l’économie pour éviter le pire.

«Nous, on était aussi démuni que la population. On réagissait au fur et à mesure. On se sent mal comme personne de voir autant de personnes impactés et de ne pas avoir nécessairement toujours les solutions. On a travaillé du mieux qu’on pouvait dans les circonstances», convient le ministre de l’Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon.

Programmes d'aide 

La province saisit rapidement que sans aide, l’économie va s’écrouler.

«Les gens qui demandaient de l’aide direct, ce qu’on disait c’est ''pour l’instant donnons des liquidités, faisons des prêts''. Effectivement, les prêts ce n’est pas parfait. Je pense que les gens réalisaient qu’il faut faire attention aussi. Si on avait été trop rapide sur nos interventions, ce serait des milliards qu’on aurait donnés. Fallait garder une réserve un peu», ajoute M. Fitzgibbon.

Le ministre souhaitait ainsi garder un équilibre entre l’écosystème et les fonds publics.

Dans les mois qui suivront, Ottawa et Québec mettront en place des programmes d’aides financières pour maintenir tant bien que mal cet équilibre. PCU, CUEC, PACME, PAUPME, PACTE, PCRE, PCREPA, etc., l’économie canadienne et québécoise sont rapidement mises sous respirateurs artificiels.

Le 25 mars 2020, l’ex-ministre des Finances canadien, Bill Morneau, chiffre à 52 milliards l’aide octroyer à la population.

«Nous devons faire tout ce qu’il faut et nous allons faire tout ce qu’il faut au cours des prochains jours et des prochaines semaines», assure le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos le même jour.

«Tout le monde doit comprendre l’urgence d’aider autant les individus que les entreprises», déclare le premier ministre du Québec, François Legault, le 8 avril 2020.

Les programmes mis en place permettront de renflouer le portefeuille des chômeurs et des entreprises.

«N’eût été des stimuli budgétaires, monétaires, synchronisés, planétaires, la récession aurait été beaucoup plus douloureuse», estime Stéphane Marion.

La paradoxe de la pandémie 

Mais quel est le prix à payer pour ses programmes d’aide? Rapidement, les critiques fusent. Trop généreux, les programmes dissuadent les chômeurs de retourner travailler.

«La PCU a répondu à un besoin qui était manifeste au début de la pandémie. (...) C’est sûr qu’au fil de l’écoulement du temps, ç’a eu un peu des effets pervers parce que c’est devenu un peu un désincitatif au travail pour plusieurs personnes», explique le ministre du Travail du québécois, Jean Boulet.

Le paradoxe dans cette pandémie : malgré la récession, les contribuables parviennent tout de même à s’enrichir, leur endettement diminue.

«On a remarqué que c’est la première récession de l’histoire où les ménages n’ont pas connu un effet richesse négatif. C’est la première fois d’une récession (où) le prix des maisons s’est apprécié et le prix des actifs financiers, donc la Bourse, a repris très très rapidement le terrain perdu», raconte M. Marion.

En raison de l’explosion du prix des maisons, on estime que les ménages se sont enrichis de plus de 4%

«Jamais j’aurais cru ça, parce que jamais j’aurais cru qu’on aurait injecté autant d’argent gouvernemental dans le système. (...) Le volume en dollar total de 400 milliards, c’est incroyable», juge Emilio Imbriglio, pdg de la firme Raymond Chabot Grant Thornton.

Un an plus tard, tandis que la campagne de vaccination contre la COVID-19 est entamée le Canada et le Québec peuvent entrevoir une relance économique.

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