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Éclosion dans une résidence où 20% des employés sont vaccinés

Si des sondages montrent que la population a de plus en plus confiance envers les vaccins contre la COVID-19, certains employés du réseau de la santé québécois résistent toujours à l’idée de se faire vacciner. 

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C’est le cas à la résidence Louise-Vachon à Laval, où seulement 20% des employés ont choisi de se protéger de la COVID-19 en ayant recours au vaccin. 

Ces employés, comme tous les travailleurs de la santé avaient pourtant la priorité et accès à la vaccination au début du mois de février.

Depuis, la COVID-19 a réussi à faire son chemin dans ce centre d’hébergement qui regroupe une clientèle adulte aux besoins particuliers tels que des troubles de l’autisme, de la déficience intellectuelle, ou des troubles graves de comportement. 

En date du 5 mars, trois usagers de la même unité ont contracté la COVID-19, ainsi qu’un intervenant. 

Le CISSS de Laval a été informé le 24 février qu’un usager présentait un faible risque d’avoir contracté la COVID-19. Cet usager a passé un premier test qui a été négatif.  

Il n’a pas été mis en isolement et à continuer à se déplacer à l’intérieur de l’unité. 

Cinq jours plus tard, il a subi un second test, qui s’est avéré positif. 

Le CISSS de Laval assure avoir suivi les recommandations de la santé publique. 

«Pour cet usager-là, les recommandations qu’on avait c’était de faire le dépistage préventif, mais pas de le mettre en isolement. [...] En fonction du risque de contamination qu’on présente, les consignes que la santé publique nous donne sont différentes. Si vous avez soupé, pris un repas à la table pendant plusieurs minutes avec une personne qui était infectée vous présentez un plus grand risque que si vous avez croisé un chauffeur d’autobus quelques secondes. Vous n’avez pas du tout le même risque», assure Guy Bibeau, directeur des programmes en déficience intellectuelle et autisme au CISSS de Laval. 

Du dépistage systématique a été mis en place tant pour les employés que pour les usagers.

«Par contre, dans les milieux verts, les milieux qui ne sont pas touchés par une éclosion, le dépistage se faire sur un base volontaire», précise M. Bibeau.

Pour le syndicat, il faudrait dépister tous les employés.

«Nous, ce qu'on dit, étant donné que les travailleurs contaminés se sont promenés dans les zones vertes et jaunes, il faudrait pas prendre de chance, dépister tous les travailleurs et tous les patients le plus rapidement possible. Il faut comprendre qu'ici, on a deux unités de polyhandicapés, donc des gens qui ont un système immunitaire très faible. Donc, si ça rentre là, ça va être très dramatique», assure Jean-François Houle, Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval. 

«Ce qui a freiné les gens beaucoup, c'est quand ils ont su qu'ils auraient pas la deuxième dose», explique-t-il par rapport au fait que peu d'employés sont vaccinés. 

Pour le Dr François Marquis, chef des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, il faut continuer le travail afin d’expliquer l’importance du vaccin à la population, incluant les travailleurs de la santé. 

«Il y a peut-être des gens dans le secrétariat qui sentent moins l'urgence de se faire vacciner. Il y a peut-être des préposés qui sentent moins l'urgence de se faire vacciner. Et ce sont ces gens-là qu'on doit convaincre. Je pense qu'on doit y retourner et dire: "Regardez, les autres ont été vaccinés; ça a bien été; pourquoi pas?"», juge-t-il. 

Les usagers de ce centre devraient être vaccinés la semaine prochaine. 

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