/news/coronavirus

Les enfants handicapés, les oubliés de la pandémie

Des parents d’enfants handicapés estiment que ceux-ci sont les grands oubliés de la pandémie. Pour eux, la routine est primordiale, mais avec les changements de la dernière année, ceux-ci se retrouvent sans amarres.

• À lire aussi: Soutien aux personnes handicapées: Québec assouplit les règles pour le crédit d’impôt

• À lire aussi: Le fédéral soutient ses aînés

• À lire aussi: Vaccination: des incohérences sur la liste?

Depuis le début de la crise sanitaire, les services et les activités auxquels les enfants handicapés ont droit ont drastiquement diminué. En mars 2020, ils avaient même été brusquement interrompus et n’ont repris que depuis quelques semaines.

Ginette Chayer peut rendre visite à sa fille Marie-Hélène qui vit en ressource intermédiaire, mais uniquement dans sa chambre et sans lui apporter les choses qu’elle aime. 

Elle explique que la première visite de sa fille chez elle, après le confinement total du début de la pandémie, l’a bouleversée. Marie-Hélène ne reconnaissait plus la maison de sa mère, qu’elle était pourtant habituée de voir.

La routine de vie et les points de repère sont essentiels pour les personnes lourdement handicapées. Cela leur permet entre autres de conserver des acquis pour lesquels elles ont travaillé très dur.

Mme Chayer s’est donc rendu compte que la perte de ces acquis a été «très rapide» chez sa fille.

Marie-Hélène pourra toutefois commencer à rendre visite à sa mère à raison d’une journée par mois, ce qu’elle n’a pas pu faire depuis novembre 2020.

André Caron, le père de Caroline, explique que le manque d’activités et de stimulations quotidiennes a des impacts concrets sur son attitude.

«On la retrouve avec des problèmes de comportement qui s’aggravent de plus en plus. Dans les trois derniers jours, c’est arrivé trois fois. J’ai été deux ans, trois ans sans en avoir de ça. On s’aperçoit que ç’a eu un effet négatif sur elle», a expliqué M. Caron, samedi, à TVA Nouvelles.

L'espoir de la vaccination     

Le seul espoir pour ces familles réside dans la vaccination, qui ne sera pas une réalité avant plusieurs mois, puisqu’elles ne sont pas dans les cas prioritaires.

Ainsi, les familles d’enfants handicapés demandent au gouvernement Legault que ceux-ci remontent dans la liste de priorités pour pouvoir retrouver une vie normale le plus rapidement possible.

À la fin du mois de février, un regroupement d’organismes de défense des droits des personnes handicapées avait demandé de toute urgence un accès prioritaire aux vaccins pour leurs protégés.

Le groupe avait fait valoir que l’âge n’était «certainement pas le seul critère de vulnérabilité», alors que le gouvernement a priorisé dès le départ les aînés.