/finance/homepage

Pris dans les dédales des programmes d’aide de Québec

Contak AV

Photo Pierre-Paul Poulin

Deux entrepreneurs montréalais œuvrant dans le domaine de l’organisation d’événements se retrouvent coincés dans les dédales administratifs des programmes d’aide pour PME du gouvernement du Québec.

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus

Jean-Benoit Dupré-White et Éric Romer sont copropriétaires de Contak AV. Les galas corporatifs, les collectes de fonds, les grands mariages, les concerts au Métropolis ou à l’Olympia constituent depuis six ans leur pain et leur beurre.

C’était évidemment avant que ne frappe la pandémie. En mars 2020, lorsque le premier ministre Legault décrète l’état d’urgence sanitaire, c’est l’hécatombe. 

« En deux jours, nous avons reçu pour 500 000 $ d’annulations de contrats », relate son président Jean-Benoit Dupré-White.

Les deux partenaires encaissent le coup et se résignent, comme tout le monde, à faire face à la réalité. Se réinventer ? Ils le font... en organisant même une cérémonie de mariage à distance par Zoom !

Pas techniquement fermés

La situation a commencé à se compliquer lorsqu’ils ont cherché à obtenir de l’aide de Québec pour les aspects non couverts par le fédéral. Ils cognent à la porte du PACME (Programme actions concertées pour le maintien en emploi) et de l’AERAM (Aide aux entreprises en régions en alerte maximale).

C’est à ce moment que les deux entrepreneurs apprennent qu’ils ne sont admissibles à aucun des programmes, étant donné que l’organisation d’événements (contrairement aux bars) ne fait pas partie de la liste des « secteurs économiques visés par un ordre de fermeture ».

« Comme notre secteur n’est pas de cette liste élaborée par Québec, nous ne sommes pas techniquement fermés. Vous imaginez ? C’est comme si nous étions propriétaires d’une tabagie... Et que le gouvernement avait interdit aux Québécois de fumer ! », illustre le président.

Fiers, les deux hommes refusent de baisser les bras ou d’envisager même la faillite. Un prêt de plus de 100 000 $, contracté auprès de la BDC, leur sert de « coussin ». Mais l’inquiétude demeure.

La sélection naturelle

« Combien de dettes aurons-nous au sortir de cette crise ? demande Éric Romer. On tient bon. Nous avons confiance que tout va reprendre éventuellement. Mais à quel prix ? » 

Critique péquiste en matière de PME, la députée Méganne Perry Melançon se désole de la rigidité des programmes. 

« Les entreprises d’événementiel subissent le même sort que les traiteurs. Comme elles n’ont pas été fermées par décret, elles sont exclues des programmes. Leur seule logique, c’est la sélection naturelle. » 

En attendant, ce qui serait le plus cher aux yeux des deux hommes serait d’obtenir une écoute d’un fonctionnaire à Québec qui comprendrait l’étrangeté de leur situation et pourrait la régler. 

« Nous sommes en pandémie. Tout ne peut être parfait. Mais avec un peu d’écoute, des réponses et de la flexibilité, ce serait déjà mieux. »