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Processus de désyndicalisation à la Banque Laurentienne : la direction se serait impliquée

Vol à main armée à la Banque Laurentienne

Agence QMI

La direction de la Banque Laurentienne se serait impliquée en faveur de la désyndicalisation de ses employés de bureau selon une source très proche du dossier. La direction de la Banque Laurentienne se serait impliquée en faveur de la désyndicalisation de ses employés de bureau selon une source très proche du dossier. 

«Certains employés informaient la direction du processus de désyndicalisation. Ils rendaient des comptes réguliers à leur supérieur», a expliqué la source qui s'est confiée à l'Agence QMI à la condition que son identité soit préservée, par craindre de représailles.

Cette personne soutient que la direction savait de cette façon qui était en faveur et qui était contre la désyndicalisation. Elle affirme également que la Banque facilitait le travail des organisateurs. «Cela a manifestement une certaine influence sur le vote puisque certains ont peur des représailles si le syndicat n'a plus son accréditation après le vote», a-t-elle souligné.

Les tentatives de désyndicalisation à la Banque Laurentienne ont commencé en 2016. C'est le conseiller financier Jonathan-André Leclerc, un employé syndiqué, qui a initié les quatre tentatives de désyndicalisation. La quatrième tentative aura lieu ce lundi.

Les votes sur la désyndicalisation des entreprises à chartes fédérales sont encadrés par le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). En tout temps, des employés d'une entreprise syndiquée peuvent demander un vote sur la désyndicalisation. Pour ce faire, 50% + 1 des employés doivent signer un document qui demande un tel vote. Une date est alors fixée. Le processus est régi par le CCRI.

Le syndicat allègue depuis 2017 que la direction de la Banque s'implique dans le dossier en téléguidant M. Leclerc et que cela va à l’encontre de la loi.

Des frais d'avocat qui dérangent

«Depuis 2016, c’est toujours la même équipe, les mêmes gens qui tentent de révoquer l’accréditation. Je comprends que la personne à qui vous avez parlé confirme que nos allégations sont fondées depuis 2017», a affirmé Julie Tancrède, actuelle présidente du syndicat des employés de bureau, section locale 434, affilié à la FTQ.

«Qui paie pour tout ça?» a-elle demandé.

Mme Tancrède affirme que M. Leclerc a obtenu les adresses des 2200 employés syndiqués. «Il a écrit à tous les employés. Comment a-t-il obtenu les adresses personnelles de chacun? Il a cherché sur Canada 411? Il est impossible de trouver mon adresse et celle de plusieurs autres employés et nous avons reçu de la correspondance de sa part», a lancé Mme Tancrède.

Cette dernière se questionne aussi sur les frais d'avocat de Jonathan-André Leclerc. «Il a toujours reçu l'aide d'un avocat. Ce dernier l'a aussi représenté lors de nos plaintes au Conseil canadien des relations industrielles. Plus d'une dizaine de documents d'une trentaine de pages chacun ont été rédigés par son avocat. Qui a payé cela?» a questionné encore Mme Tancrède.

«Pas de vos affaires»

Joint par l'Agence QMI, Jonathan-André Leclerc a mentionné qu'il a cherché toutes les adresses des employés sur internet et que plusieurs lettres lui ont été retournées parce qu'il s'agissait de mauvaises adresses. Il a affirmé également qu'il a lui-même payé pour les frais d'avocat. «Je n'ai pas à vous dire combien cela m'a coûté. Ce n'est pas de vos affaires. Cela ne regarde personne», a mentionné l'homme visiblement agacé par les questions de l'Agence QMI sur les frais relatifs aux services juridiques.

Appelée à réagir aux allégations à son endroit, l’institution bancaire s’est défendue de toute ingérence.

«La direction de la Banque Laurentienne respecte l’indépendance du processus qui suit actuellement son cours», a assuré Fabrice Tremblay, conseiller aux communications à la Banque Laurentienne.