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Identité usurpée par des fraudeurs

Vente de containeur

Pierre-Paul Poulin / Le Journal

Les petites annonces frauduleuses de vendeurs de conteneurs se multiplient à vue d’œil sur les réseaux sociaux, mettent en garde des entreprises qui se sont fait usurper leur identité par des arnaqueurs cherchant par tous les moyens à se rendre crédibles.

« C’est un vrai fléau. Plein de clients nous appellent après s’être fait avoir », lance Richard Audet, propriétaire de Conteneurs S.E.A.

Des fraudeurs ciblent ce milieu parce qu’il y a une pénurie mondiale de conteneurs, à cause de la pandémie, et que les prix ont augmenté, soutient-il.

« C’est aussi à la mode, explique-t-il. Les gens en achètent pour se faire des bricoles comme un bar près de la piscine ou un cabanon. Un conteneur de 40 pieds se vend environ 4000 $. Les fraudeurs les vendent moitié prix, donc les clients sautent sur l’occasion. »

À la chasse aux fausses annonces

Les petites annonces frauduleuses de conteneurs « à très bon prix » pullulent sur des sites comme Facebook Marketplace, Les Pacs ou encore Kijiji, a pu observer Le Journal.

Richard Audet passe plusieurs heures par semaine à les signaler afin d’éviter que de potentiels clients tombent dans le piège. « Quand on réussit à faire enlever une fausse annonce, il y en a d’autres qui apparaissent le lendemain », dit-il.

« Ça pousse comme des champignons. On n’en vient pas à bout », renchérit son collègue, Éric Mervicini, représentant aux ventes.

L’entreprise a porté plainte aux policiers, mais a peu d’espoir d’avoir gain de cause. 

Les arnaqueurs vont jusqu’à utiliser les informations de l’entreprise montréalaise « afin de se rendre crédibles » auprès des clients.

« On s’est fait copier notre page Facebook, nos photos, nos vidéos et notre logo. Certains ont même fourni des factures avec nos [coordonnées] », rapporte également une représentante chez ATS Conteneurs, à Montréal.

Elle a demandé l’anonymat par crainte que l’on usurpe son identité pour échanger avec des clients. 

« Ils demandent un paiement, par virement bancaire, d’environ 50 % du prix total. Et quand les clients ne reçoivent pas leur conteneur, ces derniers nous appellent en pensant que c’est nous qui le leur avons vendu », ajoute-t-elle. 

Dommageable pour leur réputation 

À plusieurs reprises, elle a dû annoncer à des gens qu’ils avaient été victimes d’une fraude. 

« C’est difficile de leur expliquer qu’on n’a rien à voir là-dedans. Certains pensent que nous sommes derrière cette fraude. C’est très endommageant pour notre réputation », déplore-t-elle. 

Pour éviter de se faire prendre, Richard Audet conseille aux acheteurs de parler de vive voix à un représentant ou de se déplacer pour voir la marchandise. 

Contacté par Le Journal, un vendeur de conteneurs sur Facebook Marketplace a expliqué qu’il ne pouvait pas nous recevoir physiquement « en raison de la situation sanitaire. »

« Nos bureaux sont ouverts, comme c’est le cas pour les concessionnaires auto, insiste M. Audet. Les fraudeurs demandent aussi un paiement avant la livraison, ce que les entreprises ne font pas. »

La Sûreté du Québec est au courant du problème, mais n’a pas voulu commenter davantage, puisque des enquêtes sont en cours, a précisé le lieutenant, Benoît Richard.