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Les gens isolés sont des cibles faciles à atteindre

Dangerous Hooded Hacker Breaks into Government Data Servers and Infects Their System with a Virus. His Hideout Place has Dark Atmosphere, Multiple Displays, Cables Everywhere.

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La pandémie est une source d’inspiration pour les fraudeurs qui profitent de la peur et de l’isolement des gens pour multiplier les stratagèmes et extorquer de l’argent ou des informations personnelles.

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« On sait que les fraudeurs sont très créatifs quand il y a des événements mondiaux », soutient d’emblée Jeff Thomson, analyste de renseignements criminels pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Courriels pour recevoir un traitement miracle contre la COVID-19, appel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour être l’un des premiers à recevoir le vaccin en échange d’un don, équipement médical acheté sur un faux site qui n’est jamais livré : les ruses sur le thème de la pandémie se sont intensifiées depuis un an. 

Embarras 

En effet, entre le 6 mars 2020 et le 28 février 2021, le Centre antifraude du Canada rapporte plus de 13 500 signalements d’escroqueries liées à la pandémie dans tout le pays, pour une perte financière totale qui avoisine les 7,2 millions de dollars.

« On ne reçoit que 5 % des rapports d’arnaque en général, à cause de la stigmatisation liée à la fraude. Les gens sont embarrassés, honteux, gênés de s’être fait prendre », ajoute l’analyste. 

Cette augmentation s’explique entre autres par une présence plus accrue de la population en ligne, que ce soit pour magasiner ou pour travailler, précise-t-il. « Ça donne un plus grand bassin de victimes que les fraudeurs peuvent cibler », explique M. Thomson. 

Isolement et anxiété

De plus, les escrocs modernes créent du contenu crédible qui joue avec les émotions, pour inciter les gens à cliquer. « Beaucoup plus de personnes sont à la maison, seules, isolées. Il y a déjà de l’anxiété et de la peur liées à la pandémie, donc les gens ne pensent pas toujours clairement et sont plus susceptibles de réagir », indique-t-il. 

Il faut d’ailleurs se méfier des offres « trop belles pour être vraies », des demandes de la part d’organismes de bienfaisance qui réclament des dons ou encore de tous les textos, appels, courriels non sollicités qui prétendent venir d’une institution gouvernementale.

« On veut que les gens fassent leurs recherches avant de réagir aux demandes qui requièrent de l’information personnelle, des paiements ou de cliquer sur un lien. Consultez les vraies sources et questionnez votre entourage, si vous avez un doute », conclut-il.


♦ Si vous pensez avoir été victime d’une fraude, signalez-le sur le site du Centre antifraude du Canada.