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Meghan Markle dans les pas de Lady Di

«La firme»: en employant cette expression ironique pour décrire la famille royale britannique, Meghan, duchesse de Sussex, a mis ses pas dans ceux de Lady Diana, la mère de son époux le prince Harry, pour s'affranchir comme elle du poids de la monarchie.

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Rien d'étonnant dans le parcours de cette ex-actrice américaine, californienne et métisse, qui n'aura pas voulu se conformer au lourd carcan des conventions du trône, ni supporter le poids de médias britanniques très largement hostiles.

Mais après un exil fracassant il y a un an, pour échapper à la pression médiatique, la voilà à présent positionnée en rupture avec la famille. Elle rend coup pour coup dans la bataille de communication avec le palais de Buckingham, accusé de «mensonges».

Confortée par Harry, 36 ans, qui a dit avoir rompu pour éviter un nouveau drame comme la mort de sa mère, tuée dans un accident de voiture alors qu'elle était pourchassée par les paparazzi, Meghan peut à présent livrer sa version des faits, très différente de celle de la famille.

«Très déterminée» et «très ambitieuse», Meghan a d'ailleurs toujours été fascinée par Diana, «pas seulement pour son style mais pour son engagement humanitaire», a dit d'elle le chroniqueur royal Andrew Morton, qui lui a consacré une biographie. 

Racisme  

L'arrivée dans la famille n'avait rien d'évident pour l'ex-actrice, venant d'une autre planète culturelle.

Récemment encore, elle n'hésitait pas à briser un tabou en partageant un drame très intime, celui d'une fausse couche, dans une tribune au New York Times. «J'ai su, au moment où je serrais fort mon premier enfant dans mes bras, que j'étais en train de perdre le second», avait-elle confié en novembre, déjà mère d'un petit Archie de bientôt deux ans aujourd'hui.

Une telle intimité exposée... Du jamais vu dans la famille royale depuis l'entrevue télévisée choc où Diana avait dévoilé ses problèmes de couple avec le prince Charles.

Autre décalage de taille entre Meghan et les Windsor: ses ancêtres maternels étaient des esclaves qui travaillaient dans les plantations de coton en Géorgie.

Le prince Harry, sixième dans l'ordre de succession de la couronne, a dès leurs fiançailles dénoncé les insultes et les sous-entendus racistes dont elle a été la cible sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Avant d'être duchesse, Meghan s'est fait connaître avec le rôle de Rachel Zane dans la série juridique américaine Suits, défendant parallèlement la cause des femmes auprès des Nations unies. 

Air frais 

Rachel Meghan Markle est née le 4 août 1981 de l'union de Thomas Markle, éclairagiste à succès à la télévision américaine, et Doria Ragland, assistante sociale et professeure de yoga.

Ses parents se sont séparés quand elle avait deux ans. Meghan n'a plus de liens depuis des années avec son demi-frère et sa demi-sœur, plus âgés, ni avec son père, avec lequel elle s'est brouillée depuis son mariage.

Elle fréquente une école catholique pour filles, puis étudie le théâtre et les relations internationales.

En 2011, elle épouse Trevor Engelson, un producteur de films, mais leur mariage s'effondre deux ans plus tard.

En juillet 2016, elle rencontre Harry à Londres, un rendez-vous organisé par une amie commune. Leur histoire d'amour décolle rapidement.

Elle est initialement perçue comme une bouffée d'air frais dans une famille compassée et traditionaliste, et son mariage fastueux avec Harry, en mai 2018, mêlant «people» comme George Clooney ou Oprah Winfrey et gotha royal, enchante la planète. 

Mais les contraintes de son nouveau rôle, alliées très vite aux critiques incessantes et acerbes des puissants tabloïds britanniques ne tardent pas à faire exploser l'image idyllique. Meghan se plaint de n'avoir pas été soutenue par la famille, en particulier pendant sa grossesse, s'épanchant dans un entretien télévisé qui met le feu aux poudres.

Peu après, c'est la rupture et le couple quitte «la firme», prend son indépendance financière et part s'installer en Californie, où il réside à présent dans une enclave ultra sécurisée et ultra huppée proche de Los Angeles.

Depuis, Meghan et Harry défendent des causes qui leur tiennent à cœur, comme la lutte contre le racisme ou la santé mentale. 

Et ils ont troqué leur titre d'altesses royales pour celui de producteurs, signant des contrats avec la plateforme de vidéo à la demande Netflix, et un autre plus récemment avec Spotify pour diffuser des podcasts de leur fondation humanitaire Archewell.