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Une veuve déplore que Québec n’ait apporté aucun correctif

FD-CARAMBOLAGE-LAPRAIRIE

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Un an après le drame qui leur a enlevé un mari, un père, un grand-père dévoué, la famille d’une des deux victimes du carambolage de l’autoroute 15 peine à se remettre de sa douleur, sachant que peu a été fait par les autorités provinciales pour corriger la route.  

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« C’est sûr que je ne suis pas retournée sur l’autoroute 15. Pour moi, c’est trop dur. Ça a fait un an et je ne réalise pas encore qu’il est parti. C’est irréel, parce qu’il était en pleine forme. J’imagine qu’un jour, je vais me faire à l’idée », s’est confiée doucement la veuve de Pierre Boudreau, Sylvie Boudreau. Au bout du fil, sa tristesse est aussi palpable qu’au premier jour. Il faut dire que la famille porte encore lourdement la perte de ce « bon vivant », sans compter qu’ils ont dû vivre le deuil chacun de leur côté cette année.  

Pierre Boudreau, en présence de sa conjointe Sylvie sur cette mortaise, est décédé lors de cet accident.

Photo courtoisie

Pierre Boudreau, en présence de sa conjointe Sylvie sur cette mortaise, est décédé lors de cet accident.

Âgé de 69 ans, le « passionné de bébelles » qui mordait dans la vie à pleines dents est décédé dans le carambolage monstre de l’autoroute 15 – impliquant plus de 200 véhicules – qui a secoué le Québec l’an passé.

Cette portion de l’autoroute devient très dangereuse en hiver en raison de la proximité du fleuve qui rend la route glacée.

De plus, parmi les bourrasques, la visibilité peut devenir quasi nulle à cause de la poudrerie, qui crée un mur devant les automobilistes.

Presque rien n’a changé

Mais, un an plus tard, à part quelques ajouts, presque rien n’a changé pour corriger la chaussée qui pose problème, déplore Mme Boudreau.

« Ce n’est pas concevable pour moi. Quand il y a des décès, normalement, c’est là que ça bouge. Ils attendent toujours qu’il y ait des morts pour agir. Mais là, qu’après un an il n’y ait rien de fait, ou du moins très peu, pour moi c’est choquant », souffle-t-elle au téléphone.

« C’est bien beau de mettre des panneaux, mais si le mur de neige est là, ça ne réglera rien. Les gens seront peut-être plus prudents, mais ce n’est pas tout le monde qui respecte les panneaux non plus », poursuit-elle.

Jamais assez 

À son avis, les mesures proposées par la Ville de La Prairie au ministère des Transports devraient être appliquées (voir autre texte), et rapidement, avant qu’un autre drame survienne. « Toutes les propositions ont de l’allure. Je trouve que c’est une priorité [d’installer une voie de contournement pour] que les urgences puissent se rendre rapidement sur place. Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas de sortie de secours », note-t-elle. 

Le peu de mesures en place, un an plus tard, la désole. « Pour moi, c’est sûr que le gouvernement n’en fera jamais assez pour régler ça, tant qu’ils n’auront pas fait le maximum pour que ça n’arrive plus », conclut-elle, déterminée à rendre justice à l’homme qui a partagé sa vie pendant plus de 40 ans.