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Transat peut survivre sans Air Canada, plaide son fondateur

Jean-Marc Eustache s’active en coulisses pour trouver des solutions de rechange

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montr�al

Après avoir dit craindre, en décembre, que Transat ne devienne «obsolète» en l’absence d’un regroupement avec Air Canada, le PDG du voyagiste, Jean-Marc Eustache, lui a prédit jeudi un avenir rayonnant, quoi qu’il arrive.

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«Transat sera plus forte que jamais parce que nous avons les bons avions. Les employés adorent Transat tout comme nos clients. Si un incident se produit, ils nous haïssent, mais c’est à court terme», a affirmé M. Eustache lors d’une téléconférence avec les analystes financiers, en rappelant que l’entreprise existe depuis 42 ans.

«Nous avons un vrai bon plan d’affaires que nous allons présenter aussitôt que nous saurons s’il y a une transaction ou non» avec Air Canada, a-t-il ajouté.

Depuis le 15 février, plus rien n’oblige Air Canada à faire l’acquisition de Transat. Les deux parties peuvent se retirer de la transaction sans préavis. En octobre, en raison de la pandémie, le prix d’achat est passé de 720 millions $ à environ 190 millions $. Transat a refusé de dire si cette somme allait encore être revue à la baisse.

Dans l’attente de Bruxelles

Ottawa a approuvé la transaction Air Canada/Transat le mois dernier, mais la décision de la Commission européenne se fait toujours attendre. Elle est maintenant prévue d’ici la fin juin.

La direction de Transat a soutenu jeudi qu’elle ne pouvait pas discuter avec l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau – qui a également offert 190 millions $ pour le voyagiste – tant que l’arrangement avec Air Canada était maintenu.

«Si demain, M. Péladeau est encore intéressé par Transat, parfait, M. Péladeau, venez nous voir et nous allons discuter avec vous. Nous ferons ce que nous avons à faire», a indiqué Jean-Marc Eustache.

Rappelons qu’il y a deux semaines, Charles Émond, PDG de la Caisse de dépôt, qui détient 5,8 % de Transat, a rappelé l’importance pour le voyagiste d’avoir un «plan B».

Transat a repoussé la reprise de ses vols de la fin avril à la mi-juin. Pour tenir jusqu’à la fin de son exercice financier, le 31 octobre, l’entreprise devra trouver 500 millions $. Elle songe à demander l’aide d’Ottawa dans le cadre du Crédit d’urgence pour les grands employeurs, qui a déjà prêté 375 millions $ à Sunwing.

Le voyagiste est également en pourparlers avec Investissement Québec.

Remboursements

Transat ne prévoit toujours pas rembourser les quelque 574 millions $ versés en dépôts par ses clients. À l’instar d’Air Canada, elle ne le fera que dans l’éventualité d’une aide sectorielle pour l’ensemble de l’industrie aérienne, promise par Ottawa depuis novembre.

À son premier trimestre, qui a pris fin le 31 janvier, Transat a surpassé les attentes en limitant sa perte d’exploitation ajustée à 54 millions $. Ses revenus ont plongé de 94 % à 42 millions $.

L’action de Transat a gagné 2,9 % jeudi à la Bourse de Toronto pour clôturer à 5,70 $.

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