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Pornhub: des vidéos pornos d’elle diffusées sans son accord

Une Québécoise qui a réussi à se sortir de l’enfer de la prostitution part en guerre contre le controversé site Pornhub après avoir découvert des vidéos pornographiques d’elle tournées à son insu. 

« Je souffre d’un syndrome de stress post-traumatique. Dès que je croise d’anciens clients, ça me replonge là-dedans, alors des images en pleine action, ça n’a pas été facile à digérer », confiait hier Rose Sullivan, qui a coupé les ponts avec l’industrie du sexe il y a un peu moins de 10 ans.

Des doutes  

Aujourd’hui intervenante communautaire, elle se doutait que des photos d’elle circulaient sur le net, mais pas des vidéos.

Elle a été prise de doutes quand Pornhub a commencé à être sur la sellette à cause de contenus pédophiles et violents qui peinaient à être effacés du site.

Ses craintes se sont finalement avérées à la suite d’une recherche en quelques clics.

« Il y avait des vidéos de moi dans un motel où j’avais l’habitude de rencontrer des clients. C’est probablement un client qui m’a filmée avec son cellulaire sans que je le sache », relate celle qui dit avoir également découvert des scènes d’elle dans un salon de massage où elle travaillait.

« La propriétaire disait que la caméra était là par sécurité, disait-elle, mais semble-t-il qu’elle a cru bon de partager ces images-là », tonne Mme Sullivan, toujours sous le choc de ce qu’elle a vu.

La mère de famille de 38 ans assure toutefois qu’elle s’en remettra. 

Elle pense surtout aux femmes dans sa situation qui, contrairement à elle, n’ont jamais abordé leur ancienne vie devant leur famille et leurs collègues. 

« J’en connais plusieurs et l’expression qui revient sans cesse, c’est “épée de Damoclès” », constate Mme Sullivan.

Recours collectif  

Dans le cadre d’une action collective intentée contre MindGeek, la société mère de Pornhub, Rose Sullivan a été mandatée par l’organisme communautaire La Sortie pour communiquer avec d’autres Québécoises qui se sont retrouvées sur Pornhub sans leur consentement.

Le recours, qui est notamment porté par le cabinet de Québec Siskinds Desmeules, demande 600 millions $ pour les victimes de partout à travers le monde. 

« La plupart des femmes à qui j’ai parlé viennent de l’industrie du sexe. Certaines ont été filmées à leur insu, d’autres savaient qu’il y avait une caméra, mais n’ont jamais donné leur accord pour que ça se retrouve sur Pornhub », indique Mme Sullivan.

L’étau se resserre sur le géant montréalais MindGeek depuis la parution d’une enquête-choc dans le New York Times en novembre dernier.

On y rapportait des histoires d’horreur, notamment le témoignage d’une jeune Ontarienne qui a vu une vidéo intime d’elle à 14 ans être exposée sur Pornhub, sans possibilité de la retirer.

Depuis, MindGeek dit avoir retiré de sa populaire plateforme tout le contenu publié par des utilisateurs dont l’identité n’était pas vérifiée.

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