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Le haut gradé du SPVM suspendu veut revenir

Imad Sawaya, l’ex-chef de cabinet du directeur de police de Montréal, était au palais de justice, lundi, avec son avocat, Thomas Villeneuve-Gagné.

Photo Martin Alarie

Imad Sawaya, l’ex-chef de cabinet du directeur de police de Montréal, était au palais de justice, lundi, avec son avocat, Thomas Villeneuve-Gagné.

Suspendu depuis plus de trois ans, un inspecteur de la police de Montréal en a assez d’être payé pour rester à la maison à ne rien faire et exige sa réintégration, lui qui jure n’avoir rien à se reprocher.

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« Depuis octobre 2017, je suis chez nous et personne ne dit rien. C’est de l’acharnement. Je veux offrir une prestation de travail », a témoigné Imad Sawaya, lundi, au palais de justice de Montréal.

M. Sawaya, qui a été chef de cabinet de l’ex-directeur de la police de Montréal, Philippe Pichet, était en cour afin de dénoncer sa suspension avec solde, qu’il considère être un congédiement déguisé. 

Elle remonte à 2017, alors que le service de police faisait face à une crise interne, qui avait mené au départ de son patron.

Blanchi, mais suspendu 

D’abord suspendu pour des allégations de fraude et d’abus de confiance, il avait été blanchi de tout acte criminel en avril 2020. 

Mais plutôt que de le réintégrer, la police a maintenu la mesure en continuant à lui verser un salaire dans les six chiffres, sous prétexte qu’il aurait commis des manquements disciplinaires.

Parmi ceux-ci, la police lui reproche d’avoir donné des conseils à un policier qui allait passer un examen de superviseur, ou encore d’avoir prêté pendant quelques heures une vieille tablette à un enfant de 5 ans, avant que l’objet ne soit détruit.

« C’était le fils d’une cadre civile qui en avait déjà une, s’est défendu M. Sawaya. Je n’ai jamais commis de manquements. »

La police lui reprochait aussi d’avoir déjà accepté des cafés gratuits, mais l’affaire est close.

« Pas frivole » 

Pour la Ville de Montréal, la suspension est toutefois justifiée par le processus déontologique « pas frivole » auquel M. Sawaya fait face. Mais ce dernier n’est pas satisfait de cette réponse.

« Il a déjà purgé plus que 10 fois la sanction à laquelle il ferait face advenant sa culpabilité », s’est insurgé son avocat, Thomas Villeneuve-Gagné.

Estimant plutôt que ce traitement était en réalité un congédiement déguisé, M. Sawaya, qui a professé son amour pour la police de Montréal, a demandé sa réintégration. 

Dans une autre procédure qui sera entendue ultérieurement, il réclame 2,5 millions $ en dommages.

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