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Son identité sert au trafic d’opioïdes par la poste

Fentanyl Oxycodone poste

Phot courtoisie

Une Montréalaise ayant déjà été dépendante au fentanyl a été choquée d’apprendre que son identité avait été usurpée pour du trafic de drogue en recevant chez elle une lettre renfermant deux comprimés d’opioïde.

« J’ai vraiment paniqué quand j’ai vu les deux pilules de 80 mg contenant du fentanyl. [...] D’avoir ça entre les mains, ça m’a donné le vertige, comme une sensation de manque », raconte Sophie, qui préfère ne pas donner son nom de famille pour des raisons de confidentialité.

Il y a deux ans, elle a développé une dépendance au fentanyl après avoir subi une opération de chirurgie lourde. « Ça m’a pris quatre mois de sevrage après mon opération. C’était vraiment difficile, c’était terrible », souffle celle qui s’en est sortie depuis. 

En récupérant son courrier, mercredi, la résidente de Montréal repère une enveloppe à son nom provenant du Royaume-Uni. La lettre, envoyée à une adresse invalide de l’autre côté de l’Atlantique, était en fait réacheminée à son expéditrice. 

« Sur le coup, j’ai tout de suite pensé que c’était une erreur, fait-elle valoir. Mais la lettre avait bel et bien été envoyée au Royaume-Uni à mon nom, de mon ancienne adresse d’où je fais rediriger mon courrier. »

Elle a aussitôt prévenu le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« L’envoi de drogue par colis postal [...] n’est pas nécessairement monnaie courante », précise au Journal le SPVM. Mais ça reste « l’un des nombreux moyens utilisés par les trafiquants pour faire circuler la drogue ». La Sûreté du Québec (SQ) confirme également qu’il ne s’agit pas d’une pratique très répandue. 

Méthode simple

Sophie a quitté son ancien appartement au printemps dernier. L’endroit est en rénovation et personne n’habite à cette adresse. Elle croit ainsi avoir été ciblée par des trafiquants qui auraient trouvé une de ses lettres laissées sur place lors de son déménagement.

« C’est un pattern relativement simple », estime Paul Laurier, ancien policier de la SQ et propriétaire du groupe de cyberenquête Vigiteck. « Le trafiquant [qui veut envoyer du fentanyl] prend une adresse random ou s’accote sur celle d’une connaissance ou d’un voisin. »

Et la poste est toujours « le moyen numéro un » pour qu’une substance en petite quantité traverse les frontières sans trop de problèmes, selon l’expert.

« On peut voir comme c’est facile, lance-t-il. La lettre a passé deux fois les frontières sans que la drogue soit détectée. »

Crise des opioïdes

« En ce moment, dans la plupart des drogues et des opioïdes de contrebande, on retrouve du fentanyl », signale la Dre Kawthar Grar, médecin de famille experte en dépendance. Elle constate que les pilules que Sophie a reçues sont celles que l’on retrouve dans la rue : « des OXY 80 mg de couleur vert pâle ».

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