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Macron doit trancher sur un confinement de Paris et sa région

Un confinement total ou seulement le week-end pour les 12 millions d'habitants de Paris et sa région? Face à une nouvelle flambée de l'épidémie de la COVID-19, Emmanuel Macron s'apprête à prendre «des mesures supplémentaires» applicables dès ce week-end et annoncées jeudi après d'ultimes arbitrages.

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Il reviendra au premier ministre Jean Castex d'annoncer jeudi à 18 heures ces nouvelles restrictions qui doivent également concerner la région des Hauts-de-France (nord). 

Elles «peuvent aller jusqu'à un confinement», mais a priori sans fermeture des écoles, a précisé mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'issue d'un Conseil de défense sanitaire.

En attendant l'exécutif consulte tous azimuts pour recueillir notamment l'avis des élus de ces deux régions, et des départements contigus.

«On prendra les décisions qu'on doit prendre» face à l'épidémie, a déclaré M. Macron à des soignants lors d'une visite dans un hôpital de Poissy, en région parisienne, en précisant que les mesures seraient «proportionnées» et «territorialisées». 

Dès mardi soir, Jean Castex avait clairement laissé entendre que l'option d'un reconfinement, le week-end ou sur toute la semaine, pourrait être prise pour Paris et sa région. 

Contacté mercredi midi par le ministre de la Santé Olivier Véran, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a, lui, affirmé sur BFMTV que deux options lui avaient été présentées: «soit un confinement le week-end», comme celui qui prévaut actuellement à Dunkerque par exemple, «ou un confinement comme au mois de novembre» durant toute la semaine.

Pour montrer qu'il a examiné toutes les options, le chef de l'État a choisi de se rendre mercredi après-midi dans un hôpital pour voir comment augmenter le nombre de lits en réanimation, piste privilégiée jusqu'ici. 

Alors que toute la France est déjà sous couvre-feu à partir de 18H et que quelques zones sont confinées le week-end (département du Pas-de-Calais et Dunkerque dans le nord, littoral des Alpes-Maritimes dans le sud-est), l'exécutif a tout fait pour retarder des restrictions supplémentaires.

Des transferts de malades vers des régions moins touchées ont été organisés, les hôpitaux déprogramment des opérations et mobilisent des lits des cliniques privées.

«Au pied du mur»

Mais ces déplacements de malades s'avèrent plus compliqués que prévu: seuls dix patients ont été transférés hors d'Ile-de-France en trois jours, selon le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, qui a indiqué qu'«à peine plus de 10%» des malades en réanimation étaient «suffisamment stables» pour cela et que des familles étaient réticentes.

Le gouvernement avait pourtant évoqué ce week-end jusqu'à une centaine de transferts cette semaine.

«Le gouvernement a réalisé qu'on était au pied du mur et que si on ne faisait rien, on courait à la catastrophe», a averti le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale de l'AP-HP. «Le couvre-feu ne suffit pas (...) Il faut réduire les contacts 7 jours sur 7», selon lui.

Les chiffres restent effectivement mauvais: le taux d'incidence a de nouveau grimpé à 425 nouveaux cas de contamination pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours dans la région parisienne, bien au-dessus du seuil dit d'«alerte maximale» des autorités sanitaires (250).

Au total, 4219 malades de la COVID-19 étaient en réanimation mercredi en France, un nombre en très légère baisse par rapport à mardi (-20) qui marquait un pic inédit depuis novembre dernier. Un quart de ces patients en réanimation sont hospitalisés en région parisienne.

Le pays a dépassé la barre des 91 000 morts.

Une crise à 160 milliards

Pour sortir de la crise, qui a coûté plus de 160 milliards d'euros l'an dernier selon le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, la France compte sur la vaccination de masse, freinée depuis lundi par la suspension surprise du vaccin d'AstraZeneca, dans le sillage de l'Allemagne. 

«Nous avons des raisons de croire» que l'Agence européenne du médicament qui doit rendre un avis jeudi «continuera à autoriser l'utilisation du vaccin AstraZeneca», a assuré mercredi M. Attal en se disant «optimiste».

Pour aider à ramener la confiance dans un vaccin qui, selon un sondage Elabe, n'est jugé fiable que par 22% des Français, Jean Castex s'est dit prêt à se faire vacciner dès qu'il sera réautorisé.

Sur plus de 5,2 millions de premières doses injectées en France, 1,3 million proviennent d'AstraZeneca, les autres des vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna.

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