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La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes lance un cri d’alarme

Bloc violence conjugale

Photo Shutterstock

La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) lance un cri d’alarme alors que six féminicides ont été commis au Québec depuis le début de l’année.

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Dans un communiqué publié samedi matin, la FMHF a exprimé sa «colère en apprenant encore la mort et la tentative d’homicide de deux femmes en l’espace de quelques jours».

Le sixième féminicide de l’année commis au Québec s'est produit vendredi dans l’arrondissement de Saint-Léonard, à Montréal. Une femme de 40 ans a été tuée par son conjoint de 52 ans, qui s'est ensuite enlevé la vie dans son taxi.

De plus, tôt samedi matin, une femme de 29 ans reposait dans un état critique après avoir été victime de voies de fait par son conjoint, dans un appartement de l’arrondissement de LaSalle.

«Notre société doit collectivement se questionner pour prévenir et assurer la sécurité des femmes, quelles que soient les violences qu’elles vivent», a déclaré Manon Monastesse, DG et porte-parole de la FMHF.

Selon les chiffres de la FMHF, 300 femmes ayant vécu une tentative de meurtre ont notamment été soutenues par des maisons membres en 2019/2020. Plus de 30 % de femmes aidées ont subi du harcèlement, et plus de 20 % ont reçu des menaces de mort.

Pour Mme Monastesse, «il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des facteurs de risque pour prévenir les homicides conjugaux». Elle souligne que le rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale produit par le bureau du Coroner «met clairement en évidence ces facteurs que l’on doit reconnaitre rapidement et prendre au sérieux».

Parmi eux, la présence d'une séparation récente, de harcèlement, des antécédents de violence ou encore une perte d’emprise sur la victime.

Déconfinement

Avec le déconfinement, la FMHF dit constater une augmentation des demandes d’aide et appelle à la vigilance en cette période de relâchement des mesures sanitaires: «Alors même que le confinement leur permettait de garder le contrôle sur elles, tous les jours en tout temps, le déconfinement peut se traduire par une perte d’emprise potentiellement dangereuse pour les femmes violentées».

La Fédération déplore qu’à l’approche du budget 2021 «aucun rehaussement pour les maisons d’hébergement ne soit prévu par le gouvernement».

Elle en appelle à l’implication proactive du gouvernement «qui doit agir sur de nombreux domaines pour répondre aux besoins des femmes violentées: santé, justice, services policiers et sociaux, logement accessible lors de la sortie de l’hébergement, etc.».

La FMHF représente 36 maisons d’hébergement au Québec qui hébergent chaque année près de 3000 femmes et leurs 1500 enfants. Ces maisons sont accessibles 24 h sur 24, sept jours sur sept.

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