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Twitter nomme un représentant en Turquie malgré les craintes de censure

Le réseau social Twitter va nommer un représentant officiel en Turquie, se soumettant à une loi controversée qui pourrait l'obliger à retirer des contenus à la demande des autorités. 

«Afin que Twitter reste accessible à tous ceux qui l'utilisent en Turquie, nous avons décidé d'y établir une personne morale», a déclaré le réseau social, dans un communiqué publié vendredi soir.

Le gouvernement turc a indiqué avoir été notifié de cette décision, qui intervient après plusieurs mois de bras de fer entre Ankara et les géants des réseaux sociaux. En janvier, la Turquie avait interdit à Twitter de recevoir les revenus publicitaires pour le contraindre de nommer un représentant légal, conformément à une loi entrée en vigueur en octobre. Selon les termes de cette loi, les réseaux sociaux ayant un représentant en Turquie peuvent être contraints de retirer des contenus à la demande des autorités turques, sous 48 heures. En cas de refus, diverses sanctions sont prévues.

Les principaux réseaux sociaux avaient nommé, ces derniers mois, leur représentant en Turquie, comme Facebook en janvier.

Le gouvernement turc soutient que cette loi, votée après que le président Recep Tayyip Erdogan a appelé à «mettre de l'ordre» dans les réseaux sociaux, vise à lutter contre le cyberharcèlement.

Mais pour ses détracteurs, ce texte ouvre la porte à la censure, les autorités turques faisant inlassablement la traque aux critiques sur les réseaux sociaux, notamment depuis une tentative de coup d'État en 2016, suivie d'une répression. Les réseaux sociaux sont étroitement surveillés par le gouvernement turc, et de nombreux procès pour «insulte au chef de l'État» ou «propagande terroriste» ont été intentés sur la base de simples tweets.

En 2019, la Turquie a bloqué l'accès à 408 000 sites, 40 000 tweets, 10 000 vidéos YouTube et à 6200 partages sur Facebook, selon un rapport de l'Association de la liberté d'expression.